Le Front des forces socialistes (FFS) n’arrive toujours pas à dépasser la crise organique qui le secoue depuis plusieurs mois. Après les épisodes de l’occupation du siège par les deux parties en conflit, les manœuvres reprennent de plus belle au sein du plus vieux parti de l’opposition. Le tout sur fond de manipulations dilatoires. En effet, pour mieux reprendre le dessus, la session extraordinaire du conseil national du parti, prévue le 4 mai, est tout simplement reportée par l’équipe d’Ali Laskri au 17 du même mois. Selon Hakim Belahcel, premier secrétaire national du FFS, cette décision est motivée par deux « impératifs majeurs » qui l’ont conduit à prendre cette décision. Il a expliqué, dans un communiqué rendu public, que, d’une part, « le temps imparti pour mener les concertations nécessaires à la composition de son équipe du secrétariat national » ne permet pas de programmer une si importante rencontre. Il a ajouté, d’autre part, « le contexte politique national actuel, marqué par le mouvement populaire mériterait beaucoup plus de préparation et de meilleures conditions afin de la réussir ». Même si ce report n’est pas du goût de l’autre aile en conflit au sein du parti, cette décision est perçue comme « une tentative » de saborder « un principe organique ». Un membre du conseil national considère que l’équipe d’Ali Laskri « n’est pas légitime » pour programmer une session de cette instance. Il a rappelé que Laskri a été exclu du parti après la tenue le 8 mars d’une session du Conseil national. Il a rappelé que l’occupation du siège par «des baltagui» ramenés par Laskri « l’exclut de fait». Cette crise qui a fini par s’installer au FFS est née d’un bras de fer entre les membres de l’Instance présidentielle, à savoir l’aile Laskri-Slimani-Cherifi et, de l’autre Tayati et Chioukh. Les exclusions par le parti depuis la reprise en main par l’équipe de Laskri des rênes du parti, après le départ des Baloul, sont pointées du doigt comme « des manœuvres » pour exclure « toute voix discordante » au sein du parti.