Rachid Hachichi, le nouveau P-DG de la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach, a, dans un discours adressé aux employés de la compagnie, fait savoir qu’il « travaillera à renforcer les partenariats avec les entreprises étrangères».

Cité par l’agence chinoise, Xinhua, il a expliqué que cette stratégie vise à «améliorer les capacités de production onshore et offshore de l’entreprise». «Notre groupe continuera, a-t-il dit, à développer ses relations de partenariat avec les entreprises internationales qui souhaitent investir en Algérie». «Sonatrach continuera, a-t-il ajouté, à travailler au renforcement des relations de partenariat basées sur le respect mutuel afin d’améliorer les capacités de découverte et d’exploitation des hydrocarbures».
Rachid Hachichi veut faire ainsi comprendre que la compagnie s’apprête, sous sa direction, à entrer dans une nouvelle phase, que le cadre d’un partenariat stratégique devrait être défini et qu’il faut dorénavant agir de façon concrète. Hachichi semble vouloir mettre en scène un nouveau style de management, priorisant le partenariat, point faible majeur dans la mise en œuvre des programmes existants de développement dans le secteur pétrolier au cours de ces dix dernières années. Une gageure ! Rachid Hachichi, qui a été nommé le 23 avril dernier au poste de P-DG de Sonatrach, devra faire face à de nombreux défis parmi lesquels regagner la confiance des investisseurs qui avaient tourné le dos au secteur des hydrocarbures, en raison non seulement de la chute des prix du pétrole, mais aussi des conditions fiscales jugées difficiles. Avec l’épuisement de ses gisements en exploitation depuis des décennies, le pays veut réorganiser sa capacité de production en recourant à l’exploration des gisements offshore et de gaz de schistes. Cependant, la performance que Rachid Hachichi veut globale et durable à Sonatrach dépend de la conjoncture économique générale, de l’environnement concurrentiel à l’échelle régionale et internationale, notamment en matière d’exploration, des aspects législatifs et réglementaires, ainsi que d’autres facteurs qui ne dépendent pas nécessairement de la compagnie nationale. Aujourd’hui, le gouvernement œuvre à améliorer le climat des affaires et à encourager l’épanouissement des entreprises, Sonatrach comprise, au service du développement économique nationale. Le problème est que la loi en projet sur les hydrocarbures, un élément clé dans la promotion de l’investissement dans ce secteur, risque d’attendre encore plus longtemps aux services du ministère de l’Energie, compte tenu des difficultés et des incertitudes inhérentes à la crise politique que vit le pays depuis le 22 février dernier.
Hachichi croit certes en la promotion de relations fructueuses de partenariat avec les compagnies étrangères. Mais, il ne peut créer une nouvelle dynamique dans ce domaine en un claquement de doigts. Il est appelé à y travailler en mobilisant les cadres de l’entreprise qu’il dirige autour de cette priorité et à aller dans une perspective d’avenir. Le partenariat auquel il aspire couvre l’ensemble des sujets d’intérêt commun : les hydrocarbures (exploration, recherche et production…), l’intégration progressive des marchés de l’énergie, le développement des infrastructures d’intérêt commun, le transfert de technologie… Un plan d’investissement dans le secteur énergétique d’un montant de 75 milliards de dollars sur la période 2018-2022 a été déjà établi. Les hydrocarbures se taillent la part du lion, puisque sur les 75 milliards de dollars, un montant de 56 milliards de dollars y a été consacré.