Le mouvement populaire réclamant le changement du régime politique et le départ de ses figures politiques a abordé hier son onzième vendredi de mobilisation qui peut être appréciée sous divers angles.
Mais plus que le constat à établir sur le niveau de la mobilisation enregistré, c’est vraisemblablement la question en lien avec les solutions possibles qui mérite d’être mise sur la table.
Car à mesure que les semaines s’égrènent, c’est cette situation d’impasse politique qui commence à s’installer dans la durée jusqu’à peser lourdement sur le fonctionnement des institutions et sur la gestion des affaires publiques du pays.
Autant dire que la situation ne permet point d’atermoiements. Mais force est de constater cependant que beaucoup de temps aura été perdu, alors que la conjoncture impose des décisions et des mesures en adéquation avec la forte mobilisation et aussi avec les questions éminemment politiques soulevées.
Autrement dit, il est plus que jamais attendu des deux parties de l‘équation, notamment de la part du pouvoir politique, d’œuvrer à réunir les conditions pour l’amorce d’un dialogue de nature à déboucher sur une solution.
Du pouvoir politique, il est attendu plus qu’une déclaration d’intention sur la nécessité du dialogue.
C’est-à-dire, passer de la profession d’intention à l’amorce de l’action en déclinant une feuille de route bien détaillée en phase avec les revendications politiques que les décideurs admettent comme légitimes.
Du côté du « Hirak », qui aura incontestablement gagné des points précieux depuis son irruption au mois de février dernier, ce n’est plus le temps de faire du surplace.
Le mouvement populaire a donné naissance à tant d’espoirs qu’il faut impérativement lui donner des perspectives politiques nonobstant les obstacles, voire les manœuvres, auxquels il doit faire face.
Maintenir le cap passe visiblement par la définition des perspectives de ce mouvement au risque de tourner en rond et de perdre encore du temps et de l’énergie.
Les animateurs du mouvement se doivent de passer à d’autres formes de mobilisation et de sensibilisation notamment durant le Ramadhan à venir où les habitudes et les comportements changent considérablement.
Au final, la priorité, chez le pouvoir politique comme chez le « Hirak », devrait être une projection d’une voie de solution.