Le président de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (Onplcc), Mohamed Sebaibi, a été limogé, jeudi, par le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah. Le nom du successeur de M. Sebaibi n’a pas été communiqué. Le limogeage du président de l’Onplcc intervient dans une période intense en opérations anti-corruption, déclenchées par la justice contre des personnalités publiques, politiques et économiques, dont l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, l’actuel ministre des Finances et ex-Gouverneur de la Banque d’Algérie Mohamed Loukal, ou encore l’ex-patron de la police Abdelghani Hamel. Les deux premiers hauts responsables ont été convoqués, la semaine dernière, par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger, alors que l’ancien DGSN a été interrogé par le juge d’instruction près le tribunal de Tipasa. Mardi dernier, le chef d’état-major de l’ANP, Gaïd Salah, a de nouveau évoqué le sujet de la corruption, en déclarant détenir de lourds dossiers concernant ce phénomène qui a causé un véritable désastre de l’économie nationale sous l’ère de l’ex-président Bouteflika. « Les services du ministère de la Défense détiennent des informations avérées concernant plusieurs dossiers lourds de corruption, dont je me suis enquis personnellement, dévoilant des faits de spoliations de fonds publics avec des chiffres et des montants faramineux », a-t-il déclaré. Depuis le début du mois d’avril passé, lorsqu’il avait annoncé la réouverture de certains dossiers déjà traités par la justice, à l’exemple de ceux de Sonatrach, Khalifa et « El Bouchi » (701 kg de cocaïne), le vice-ministre de la Défense nationale fait du sujet de la corruption le thème majeur de sa démarche politique, qu’il expose chaque semaine, en essayant de s’inscrire dans une démarche respectueuse de la Constitution, même si celle-ci ne satisfait pas un mouvement populaire qui refuse de composer avec des responsables d’institutions totalement impliqués dans la gestion du pays durant le règne de Abdelaziz Bouteflika.
Mardi dernier, Gaïd Salah est même monté d’un cran en parlant, d’abord, de « plusieurs dossiers lourds » puis, en appelant à accélérer le traitement de ces dossiers qui, a-t-il estimé, ne sauraient attendre.
Une chose semble certaine, le limogeage du président de l’Onplcc a un lien évident avec cette campagne dite de lutte contre la corruption qui donne à apprécier l’ampleur de ce fléau et ses ramifications à travers de nombreuses institutions et autres organismes du pays. Une période qui a vu, également, naître plusieurs organes, dont l’Onplcc, autorité administrative indépendante, placée auprès du président de la République qui nomme ses membres et à qui « elle adresse un rapport annuel d’évaluation de ses activités liées à la prévention et à la lutte contre la corruption, mentionnant les insuffisances qu’il a relevées en la matière et des recommandations proposées, le cas échéant », lit-on sur le site de cet organe. Outre le limogeage du président de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption, Abdelakader Bensalah a mis fin aux fonctions du directeur des systèmes et des moyens informatiques de la présidence de la République, Bouabana Chouhed, ainsi qu’aux fonctions du directeur des cortèges officiels et des transports de la présidence de la République, Aït Arkoub Abdelkrim.<