Le nouveau wali de Sétif, Mohamed Belkateb, a été installé dimanche dans ses nouvelles fonctions en remplacement de Nacer Mâaskri, lors d’une cérémonie organisée à la salle des conférences de la wilaya. Lors de son allocution devant les directeurs de l’Exécutif, les chefs de daïra, les présidents d’APC et les représentants des médias, ce cadre de l’Etat a insisté sur la stabilité comme facteur crucial pour réussir le processus de développement.

« Je suis venu pour tendre la main à tous les élus et citoyens de cette wilaya pour son développement. Je suis un homme de dialogue. Il faut multiplier la communication avec tous les acteurs de la société pour réaliser les objectifs escomptés », a-t-il indiqué. Par ailleurs, le nouveau premier responsable de la wilaya a mis l’accent sur l’organisation des rencontres périodiques avec les élus, techniciens et administratifs, mais aussi des citoyens.
De nombreux dossiers attendent le nouveau wali de Sétif, Mohamed Belkateb, qui aura certainement du pain sur la planche pour redorer l’image de la capitale des Hauts-Plateaux. En effet, rien ne va plus à l’APW de Sétif. La situation de blocage que vit l’Assemblée populaire de wilaya (APW) depuis les élections locales de novembre 2017 est le premier problème à résoudre. Pendant près de deux ans, cette situation n’a pas été sans conséquences sur le développement local de la wilaya. Les conflits internes entre les membres de l’APW ont empêché de répartir les responsabilités et constituer les commissions au sein de cette assemblée. Ainsi, le successeur de Nacer Mâaskri est appelé à trouver une issue à cette crise qui n’a que trop duré. Cette même situation de blocage touche certaines communes à l’instar de Hammam Soukhna qui ne dispose que d’un P/APC et Amoucha qui se trouve sans P/APC depuis une année après la démission de l’ex-P/APC d’obédience FLN. Le successeur de Nacer Mâaskri est aussi appelé à améliorer le quotidien du citoyen. Le manque de l’AEP représente un véritable casse-tête pour la population de la wilaya de Sétif notablement le chef-lieu et la ville commerciale d’El-Eulma. Le grand projet de transfert dont a bénéficié la capitale des Hauts-Plateaux enregistre un énorme retard. Ce projet comporte le système est Tabalout-Drâa Diss et le système Ouest Ighil Emda-El-Maouane. En dépit de la mise en service de la première pompe au barrage d’El-Maouane, qui a reçu un volume provisoire de 129 000 m3/j, soit un débit de 1,5 m3/seconde, la situation n’a pas changé d’un iota pour plusieurs cités. Aussi, le projet d’alimenter les communes du nord de la wilaya à partir du barrage Tichy-Haff ne verra pas le jour pour de sitôt. Les communes de cette région souffrent de la rareté de ce liquide précieux alors que la saison des grandes chaleurs arrive à grand pas. Dans le secteur du logement, tous types confondus, ceux octroyés ne répondent plus à la forte demande formulée par les citoyens. A titre d’exemple, le quota des 1 000 logements LPA octroyé l’année passée est jugé insuffisant. Les services communaux de la commune de Sétif ont recensé plus de 10 000 demandes pour un quota de 300 unités. Aussi, les services de l’APC d’El-Eulma ont reçu plus de 6 000 demandes pour 120 logements. Le même constat pour les aides à l’habitat rural.

L’attente de la population
Les programmes de l’AADL accusent beaucoup de retard, notamment dans les sites de Bir N’saa et Tiner. Hormis les établissements éducatifs, les structures d’accompagnement ne sont pas programmées dans ces sites pour prendre en charge cette population notamment les centres de santé. Dans le même sillage, les habitants de 14 communes attendent avec impatience l’opération d’attribution de lots de terrain destinés à l’auto-construction. En effet, 14 communes de la wilaya de Sétif sont concernées par le programme des Hauts-Plateaux, conformément à l’instruction interministérielle n°01 du 7 juillet 2014 qui permet aux citoyens d’avoir un terrain constructible. Il s’agit de Aïn Oulmène, Ouled Si Ahmed, Saleh Bey, Rasfa, Ouled Tebban, Boutaleb, El-Hamma, Aïn Azel, Aïn Lahdjar, Baïda Bordj, Hammam Sokhna, Taya, Tella et El-Oueldja. A noter que ce dossier fait l’objet de plusieurs contestations dont la dernière à Hammam Soukhna au sud-est de Sétif. Sur un autre plan, celui de la circulation du chef-lieu de wilaya est devenu obsolète. C’est le même constat pour la ville d’El-Eulma. Le projet d’élaboration de deux nouveaux plans de circulation au profit de ces deux villes lancée 2014 s’éternise. Egalement, les conditions d’hygiène dans le chef-lieu de wilaya et dans la plupart des communes laissent à désirer. La saleté investit les rues de la capitale des Hauts-Plateaux qui était dans un passé récent une ville exemplaire en matière d’hygiène. Le constat est le même dans plusieurs communes qui se plaignent du départ massif des éboueurs et l’absence de camions. Le nouveau wali est appelé aussi à mettre fin au massacre que subissent les terres agricoles de la wilaya. Le phénomène de l’agression des terres fertiles ne cesse de prendre de l’ampleur dans cette région à vocation agricole. L’alarme a été donnée à maintes reprises par la direction des services agricoles. Le secteur de la santé n’est pas en reste. Le manque de personnel médical et paramédical paralyse le bon fonctionnement des structures de santé. Dans le même sens, le projet de réalisation du nouvel hôpital d’une capacité de 240 lits à EL-Eulma, à l’est de Sétif, accuse un énorme retard au grand dam de la population de cette région qui manque d’établissement de santé publique digne de ce nom. Pour rappel, les travaux de réalisation de cette nouvelle structure de santé ont été lancés en août 2014, pour un délai de 36 mois. Actuellement, les travaux de ce projet qui a connu plusieurs arrêts avoisinent les 70%. Le même constat pour une polyclinique en cours de réalisation dans l’agglomération de Djermane relevant de la commune d’El-Eulma. La mise en service de l’hôpital de Beni Aziz d’une capacité de 60 lits a été à maintes reprises reportée. Les travaux de ce projet ont été lancés en 2007. Enfin, la gare routière de la ville de Sétif se trouve dans un état déplorable. A rappeler que le projet d’une nouvelle gare a été gelé.