Ahmed Ouyahia, ancien Premier-ministre, s’est présenté avant-hier devant le Procureur général près la Cour de Sidi M’hamed à Alger. Après son refus de se présenter pour défaut de convocation, il s’y est conformé avant-hier. Entendu en tant que témoin dans des affaires liées, principalement à la dilapidation de deniers publics, d’octroi d’avantages illégaux, mais aussi sur de probables
« reproches » sur la gestion de la planche à billets, Ouyahia est arrivé vers 9 h au tribunal Sidi M’hamed. A peine le seuil du tribunal franchi, Ouyahia provoque déjà la polémique lorsqu’un officier de la police le salue. Ce qui n’a pas été du goût des présents qui ont hué le policier en question.
Une fois à l’intérieur, personne ne pouvait savoir comment la séance s’est déroulée. Mais aux alentours du tribunal, des centaines de citoyens sont venus « appuyer » l’institution judiciaire « pour mettre au cachot l’homme des sales besognes ».
Près de sept heures à l’intérieur du tribunal, la foule n’a pas quitté les lieux malgré l’énorme dispositif policier déployé aux alentours du tribunal fermant, ainsi, tous les accès au tribunal. Une première depuis le début de l’opération dite « mains propres », et qui n’a pas fait que des heureux parmi les citoyens venus protester devant le tribunal. Sur place, d’aucuns ont dénoncé « ce traitement de faveur » à Ouyahia, mais aussi le fait que les autres prévenus, surtout ceux incarcérés « ont eu droit à un tapage médiatique des plus suspects », a dénoncé un jeune avocat. Sur place, les citoyens venus s’informer sur l’audition d’Ahmed Ouyahia n’ont pas manqué de rappeler les différentes positions « anti-populaires » de l’ex-Premier ministre. « Il faut le transférer directement à la prison d’El Harrach », « il est l’un des membres les plus influents de la bande des malfaiteurs », «il est impliqué dans toutes les sales affaires, y compris le terrorisme »…, scandaient, par intermittence, les présents, dont certains étaient sur les lieux bien avant l’arrivée de l’invité pas tout à fait comme les autres du Procureur général du Tribunal de Sidi M’hamed. Après plusieurs heures d’audition, Ahmed Ouyahia quitte le tribunal vers 15 h30. Son véhicule démarre sur les chapeaux de roues, mais n’a pu épargner à Ouyahia la volée de bois vert que lui ont réservée les citoyens. Son véhicule a été pourchassé dans les rues attenantes au tribunal. Il a fallu l’intervention de la police pour lui assurer un passage. Des citoyens ont poursuivi le véhicule sur des centaines de mètres scandant des slogans hostiles à Ouyahia.