La dernière déclaration du ministre de la Jeunesse et des Sports Raouf Salim Bernaoui à l’APS, à propos de « l’ingérence du MJS dans les affaires des Fédérations sportives » risque de faire couler beaucoup d’encre encore…

« La tutelle n’intervient plus dans les affaires internes des fédérations. Elle veille juste au respect de la loi et à l’application des règlements, comme nous projetons de le faire avec les fédérations de cyclisme et de boxe» a assuré le nouveau ministre dans une déclaration à l’APS.
Ainsi le ministre reconnaît qu’il y a eu bel et bien ingérence du ministère de la jeunesse et des sports dans les affaires des fédérations sportives.
Or, il se trouve que pas plus tard que dimanche dernier la commission d’éthique de la Fédération algérienne de de football (FAF) a suspendu Ali Baâmer, président de LRF-d’Ouargla, dont le mandat électif s’étale de 2016 à 2020, pour une durée de deux ans suite à ses déclarations sur des irrégularités dans le déroulement du scrutin du 20 mars 2017 qui a porté Kheïreddine Zetchi à la tête de l’instance fédérale. Cette décison a fait réagir de suite les membres élus du bureau de la ligue régionale de football d’Ouargla (LRF-O) qui ont décidé lundi de geler les activités de cette dernière pour dénoncer cette sanction prononcée par la Faf à l’encontre de leur président Ali Baâmer. De son côté, le concerné a déposé un recours auprès de la FAF pour contester sa suspension. «Je reste confiant quant à cette démarche entreprise dans les délais, je veux que justice soit faite», a déclaré Baâmer après le dépôt de son « opposition » comme le présente la FAF. Et c’est là où la dernière déclaration du Ministre de la jeunesse et des sports suscite des interrogations.
Puisque le premier responsable du sport reconnaît qu’il y a eu ingérence du MJS, c’est qu’il doit reconnaître que Baâmer a bien raison. L’élection de Zetchi à la tête de la Faf est « illégale » puisqu’il y a ingérence. La FAF vient de le suspendre pour deux ans, alors faut-il donc lever la suspension de Baâmer et faut-il aussi ouvrir une « enquête » comme procédure pour réorganiser une élection du président de la FAF ? Et si tel serait le cas, comment le MJS va-t-il s’y prendre car s’il intervenait on « parlerait alors une nouvelle fois d’ingérence bien que c’est dans ses prérogatives dans la mesure où la FAF travaille sous sa délégation ?

C’est du passé selon Bernaoui
Mais, comme le nouveau ministre n’a pas réagi jusque-là dans le sens de la réhabilitation de la légitimité de la FAF, des observateurs estiment qu’il n’en serait rien à l’avenir. Et la preuve se trouve justement dans la dernière déclaration du ministre. «Par le passé, il y avait une certaine ingérence de la tutelle dans les affaires internes des fédérations et si certaines personnes ont omis d’en parler, c’est parce que cette situation arrangeait bien leurs affaires» a avoué Bernaoui, assurant que «ces agissements appartiennent désormais au passé» et qu’à l’avenir «le travail des Fédérations se fera dans le respect des lois». C’est du passé et donc rien à faire pour le présent semble bien dire le nouveau ministre de la jeunesse et des sports. Et pourtant un ministre est sensé assurer l’actif et le passif de son département. Puisque le président de la FAF est si sûr que son élection est bien légitime, estiment certains observateurs, alors pourquoi ne convoquerait-il pas une nouvelle élection pour qu’il puisse bien démontrer sa « légitimité » à diriger la FAF ? Ce qui pourrait régler définitivement ce cas et le ministère éviterait donc un geste qu’il pourrait lui coûter une « ingérence » alors qu’il en a bel et bien le droit lorsqu’il y a des preuves… Là, le ministre indique une autre voie : concernant les personnes qui seraient toujours contre cette «nouvelle manière de procéder», Bernaoui a insisté «le recours aux voies légales» pour se faire entendre, notamment, en ayant recours au Tribunal arbitral du sport (TAS)…