Dernier mardi de mobilisation avant l’épreuve du Ramadhan, sur lequel table le système pour l’affaiblissement du mouvement, les étudiants étaient nombreux à battre le pavé à Alger et dans de nombreuses villes du pays. Organisés en comités indépendants, les étudiants, qui ont opté pour une grève partielle tout en maintenant la marche hebdomadaire, sont sortis en masse pour exiger pour la énième fois le départ du système et un changement radical. Réunis devant la fac centrale, les manifestants se sont par la suite dirigés vers la Grande-Poste. Malgré le caractère pacifique de la marche, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à réprimer les manifestants à coups de matraques près du tunnel des facultés dont l’accès a été fermé. Ce dérapage intervient suite à un débat organisé par les étudiants en plein air, chose qui n’a pas semblé être du goût des policiers. Les étudiants ont fait état de plusieurs blessés. Malgré cet incident, les étudiants ont réussi à organiser une marche imposante prouvant ainsi que leur mouvement est loin de s’affaiblir. De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, Tayeb Bouzid, a appelé mardi la famille universitaire à « mettre l’Université à l’abri de tout dérapage ». Dans un message adressé à la famille universitaire à l’occasion de la Fête des travailleurs, le ministre a précisé que « tout un chacun, enseignants, étudiants, chercheurs et responsables, doit mettre l’Université algérienne à l’abri de tout dérapage de quelque nature que ce soit». « Ces dérapages sont souvent à l’origine de dépassements dont les retombées sont désastreuses sur les activités pédagogiques et scientifiques, outre le parcours pédagogique des étudiants », a-t-il soutenu. A cette occasion, le ministre a rassuré les étudiants quant à « la continuité du service public de l’enseignement supérieur, tous services confondus, en termes d’enseignement, de recherche et d’œuvres universitaires ». Il aussi appelé toute la famille universitaire à « veiller à ce que l’Université demeure un espace de savoir, de connaissance et de débat sérieux dans le cadre du respect des valeurs universitaires et de la liberté académicienne, permettant la moralisation de la conduite universitaire dans tous ses aspects pédagogique, scientifique et administratif, et à s’éloigner de tout ce qui peut porter atteinte à la crédibilité du diplôme universitaire et à l’image de l’université ».