Instauration d’un «climat d’entente» et recherche de «solutions consensuelles », auront été les maîtres mots du discours de Abdelkader Bensalah mardi à l’occasion du 1er Mai. Ce premier discours du chef de l’Etat, contesté par le mouvement populaire, à l’endroit des Algériens, s’est voulu apaisant alors que la situation de blocage semble à son paroxysme.

Bensalah appelle à associer toutes « les forces vives » du pays pour aller de l’avant, dans un objectif évident d’ouverture. Dans un contexte pour le moins compliqué Bensalah a tenté dans son message à l’occasion de cette Journée internationale des travailleurs de rappeler l’impératif de la satisfaction des revendications populaires jugées légitimes « à une vie décente et son aspiration résolue à un changement radical avec le régime, pratiques et symboles ». Se voulant davantage conciliant pour Bensalah « la conjoncture difficile que traverse notre pays exige de chacun de nous d’être au rendez-vous de l’histoire, en mettant de côté nos différends et en focalisant notre effort sur notre volonté commune de préserver les fondements de notre nation et les acquis de notre Etat ».
Il reste en effet patent que le consensus demeure un élément pour l’heure difficile à trouver dans la crise actuelle. La conférence de dialogue et de concertation initiée le
22 avril par Abdelkader Bensalah n’aura pas à l’évidence brillé par une adhésion massive. Une feuille de route dont les perspectives demeurent toujours hypothétiques malgré cette « posture d’ouverture » affichée. Pour le chef de l’Etat la construction « est une entreprise à mener par tous, sans marginalisation ni exclusive, sans sélectivité ni règlement de compte». Il est évident que la crise actuelle à mis d’emblée Bensalah dans une posture difficile. Et les mots lénifiants à l’endroit du mouvement de protestation ne font que confirmer un véritable malaise. « La voix des Algériennes et Algériens a retenti, haut et fort, à travers toutes les contrées de notre pays sous un seul et même étendard rassemblant tous les courants de la société et traduisant leur attachement à l’unité nationale sacrée. Un écho résonnant de par le monde, impressionné par le pacifisme, la régularité et le civisme de ses manifestations qui ont donné une image éloquente de l’immunité de notre patrie face à tout éventuel danger », concède le chef de l’Etat par intérim.
Cette « reconnaissance » du mouvement populaire qui demande son départ s’apparente déjà à une ouverture au dialogue. Une posture qui ne trouve toujours pas d’échos. Bensalah insistera également sur l’aspect économique comme élément important de la prospérité et du développement : « Aujourd’hui, notre pays a besoin d’un élan national pour relever le défi du développement durable, la création de richesses et la relance de l’économie afin d’assurer la prospérité et le progrès à notre peuple, contribuer à la création davantage d’emplois et offrir de larges horizons à nos jeunes en un avenir prometteur ».
Il s’agit de « la création d’une économie productive de richesses, et non rentière », un objectif qui ne peut être réalisé « qu’à travers la participation de tout un chacun, sans exclusion ni préférence, et dans un cadre participatif où règne la confiance mutuelle ». Faute de perspectives politiques pourquoi pas l’élan par le développement.
Bensalah insiste sur les « vertus du dialogue avec les partenaires sociaux et économiques afin d’ouvrir plus de perspectives devant les bonnes volontés pour participer au processus de développement, garant de notre sécurité nationale ». En attendant, les Algériens sont en attente surtout d’un processus politique véritable, à même de faire sortir le pays de la crise et s’ouvrir vers une Algérie nouvelle.