Pari réussi pour la Confédération des syndicats algériens (CSA) en dépit de la répression. Des centaines de travailleurs ont répondu favorablement hier à l’appel de la confédération des syndicats algérien en tenant un imposant rassemblement à Alger à l’occasion de la célébration de la journée internationale des travailleurs.

Intervenant dans un contexte politique particulier, la célébration de cette journée a été dédiée, d’abord, aux revendications traditionnelles des travailleurs, mais comme un appui et un renforcement du mouvement populaire exigeant le départ du système et des figures qui lui sont apparentées. Très tôt dans la matinée, des dizaines de travailleurs et syndicalistes se sont rassemblés au niveau de l’UGTA où ils ont réclamé le départ du patron de la centrale syndicale mais aussi de tous les corrompus. Sur les banderoles, on pouvait lire « Sidi Saïd dégage !», mais aussi des appels à la restitution de l’UGTA au profit des travailleurs. D’autres manifestants, de leurs côtés, ont opté pour la place du 1er Mai ou ils étaient nombreux à se rassembler hier. Cependant, au moment où ils ont tenté de marcher en avançant vers la rue Hassiba Ben Bouali pour rejoindre la Grande Poste, ils se sont heurtés à un barrage impressionnant des forces anti-émeutes. Déterminés, les marcheurs ont tenté à plusieurs reprises de rompre le barrage mais ils ont été empêchés par les forces de l’ordre qui ont eu recours aux bombes lacrymogènes pour disperser la foule. Ce n’est que vers 14h que les manifestants se sont dispersés dans le calme. a la grande poste, pour ceux qui se sont directement rendus sur place, l’heure été a la protestation. Des centaines de travailleurs et syndicalistes se sont rassemblés sur les marches de la vieille bâtisse pour exiger le départ du système. Sur les pancartes arborées par les manifestants on pouvait lire les messages hostiles aux responsables a l’instar des incontournables « Bensalah dégage » et « Dégagez tous ». Mais il y avait aussi des appels à juger les corrompus et l’instauration d’une justice indépendante. Ils ont scandé par la suite des slogans qui disent toute la confusion qui règne en ce moment dans les esprits des citoyens quant au rôle de l’Armée dans cette crise « L’armée est la nôtre et Gaid nous a trahis », ont-ils crié aussi tandis que d’autres ont même appelé au départ de chef de l’état-major. Par ailleurs, en cette circonstance, les travailleurs ont rendu un hommage à deux grandes figures de la lutte syndicale en Algérie à savoir, Aissat Idir, fondateur et premier secrétaire général de l’UGTA et Abdelhak Benhamouda, sg de l’Ugta assassiné en 1997. Sur les banderoles, on pouvait aussi observer des hommages rendus au deux regrettés du conseil des lycées d’Algérie (CLA), en l’occurrence, Redouane Osmane décédé en 2007 et Idir Achour décédé, lui aussi, il y a un mois. Réunissant actuellement treize syndicats autonomes représentants des différents secteurs de la fonction publique, à l’instar de la santé, l’éducation nationale et l’enseignement supérieur, la confédération des syndicats algériens a indiqué que ce rassemblement se veut une confirmation de son attachement à l’option de poursuivre le mouvement de protestation populaire pacifique et ses revendications pour instaurer un nouvel Etat algérien. Pour rappel, les syndicats de la CSA avaient déjà tenté par le passé de battre le pavé à Alger mais ils ont toujours été empêchés par les forces de l’ordre. L’an dernier, c’est à Béjaïa que les travailleurs ont célébré leur journée en grandes pompes à cause de l’interdiction en vigueur de tout rassemblement dans la capitale.