L’Office national de la culture et de l’information (ONCI), en partenariat avec l’APC de Sidi M’Hamed d’Alger, a organisé avant-hier soir deux grands spectacles musicaux dans les salles l’Afrique et Sierra Maestra, dont il assure la gestion, avec l’annonce d’un riche programme culturel et artistique pour les soirées ramadhanesques. Pour l’inauguration de la reprise des deux salles par l’ONCI, il s’agit en premier lieu de célébrer la « Journée internationale du jazz », décrétée par l’Unesco en 2011, à la salle Sierra Maestra, tandis que la salle Afrique, située à quelques mettre plus bas, accueille trois groupes de jeunes artistes pour cette première inauguration. Ainsi, la salle Sierra Maestra a abrité, à l’occasion de la Journée internationale du jazz, un concert avec la participation de Linda Blues, Hind Boukella dans du jazz latino et les groupes Aminos Quartet pour le jazz fusion, ainsi que Redha Mourah quartet de jazz. La premiere à passer sur scène, la chanteuse Hind Boukella, accompagnée de Mehdi Djama à la guitare et Rafik Kitani aux percussions, a proposé au public un programme de bossa nova et de samba, des morceaux standards comme « One Note Samba» de Antônio Carlos Jobim, deux titres de la chanteuse mexicaine Lila Downs et Mira de Melody Gardot. La chanteuse nous dira en marge du spectacle : « J’ai commencé la musique de manière professionnel à l’âge de 18 ans. Aujourd’hui je suis sur un nouvel album, nous sortirons le premier single, dont le titre sera “N’chouf”, d’ici la rentrée». Elle ajoutera : «J’ai grandi dans un milieu et une ambiance de jazz et de musique africaine, c’est ce qui m’inspire. Le jazz est une musique modale, elle peut avoir un aspect algérien et elle s’adapte a toutes les musiques ethniques et traditionnelles. » Suivra sur scène, Lynda Blues, qui interprètera des styles variés entre jazz et blues, avec sa voix très proche de la Soul Music. « C’est un honneur pour moi de participer aujourd’hui à la célébration de la Journée internationale du jazz et de décompresser un peu avec tout ce qui se passe », affirmera la chanteuse. Redha Mourah, quant à lui, a partagé avec le public une nouvelle expérience, avec son style unique et classique. Il nous confie : « Mon genre musical est un peu compliqué car je fais partie des personnes qui croient qu’il existe deux genres musicaux, à savoir la musique mère ou andalouse plutôt classique, par laquelle on peut sortir d’autres musiques, et la musique chaabi. Je me spécialise plutôt dans le genre classique et je fais aussi du jazz et d’autres musiques populaires. Ma spécialité est la musique de film.» Il ajoutera : «Aujourd’hui, je présenterai un projet que j’ai fait il y a dix ans. Je n’ai pas ressenti ce besoin d’exposer ce projet. Mais, aujourd’hui,avec tout ce qui se passe, je me suis dis que c’est le moment, de partager ça avec le public algérien.» Du côté de la salle Afrique, le public a retrouvé, au cours de ce premier show, trois groupes d’artistes, à savoir Abdou G’nawi, Group Hors Ligne et Phobia (rap) qui ont offert aux spectateurs, composés pour la plupart de jeunes adolescents, un show exceptionnel.   

De jeunes musiciens tout feu tout flamme
Abdou G’nawi, accompagné de Moussa Ocasi à la basse, Yazid Slimani à la batterie, Wassim Attaoui au clavier, chanteront « Barani Ghrib » de Amar Zahi. Le groupe s’est ensuite attaqué à quelques titres de leur album qui sortira prochainement, comme « Mnayo », « Lala Rqiya », dans le style diwan, et aussi un autre titre « We Want Liberty » et « Si je ne suis plus ».
Le chanteur déclare que « notre prochain album, j’aimerai l’appeler « El B’ti », en référence au « petit », qui rassemblera des touches rai, guesba, Rimiti, et des années 1980, en les mettant au goût du jour ». Group Hors Ligne de Khemis Miliana, composé de cinq membres, a joué des styles différents entre le flamenco et variétés algériennes en ouvrant le bal avec une playlist avec les titres «Ey, Ey, Ey», «Messaouda, Moulat El Ibiza » et «Nostalgie». Le groupe se compose de deux guitaristes et vocaliste, Abdelfatif Amari et Ilyes Benhamida à la guitare, Abdelkader Touahri El Melyani, percussionniste, Nadir Rais, et Letreche Mohamed Amine vocaliste et guitariste. « Notre style se définit par son humeur unique, nous choisissons des sujets qui touchent à l’actualité. Malheureusement, le marché de la musique en Algérie est en manque, nous n’avons pas de maison de disque ou une distribution digitale. Cela est dû au manque de formation et même si nous avons des fans, ils restent virtuels. La musique existe sur scène, nous n’avons pas de toplignneur », dira Mohamed Amine Letreche, leader du groupe.