Le secrétaire général du Mouvement Ennahdha, Yazid Benaïcha, a appelé, hier, le Hirak à désigner des représentants en vue d’élaborer une «feuille de route qui contienne ses revendications», lors du discours d’ouverture d’une session extraordinaire du conseil consultatif du parti, tenue en son siège à Alger, et dont les travaux ont été consacrés à la crise politique que traverse le pays depuis plus de deux mois.
A notre question de savoir si son appel ne risque pas de buter sur la détermination du mouvement populaire à conserver sa spontanéité et à refuser tout leader, le secrétaire général d’Ennahdha dira que «face à ce type de situation, il faut faire de son mieux, d’autant que nous avons vu certains acteurs émerger lors des marches et autres actions, à l’instar de celles des syndicats autonomes».
Pour l’interlocuteur, la question de représentants du mouvement populaire est d’une «haute importance», car les revendications doivent être «plafonnées» explique-t-il, estimant que dans le cas contraire, il y a «risque d’anarchie». Pour étayer ses propos, Benaïcha évoque la tenue de la «rencontre nationale» à laquelle a appelé jeudi le pôle des «forces du changement pour la protection du choix du peuple», rassemblant des personnalités et partis politiques, dont le Mouvement Ennahdha qu’il dirige.
«Le Hirak devrait avoir ses représentants dans cette rencontre», considère-t-il. A propos de cette rencontre, à travers laquelle ses initiateurs veulent réunir «les acteurs politiques et de la société civile, à l’exception des parties qui ont été à l’origine de la crise actuelle», le secrétaire général d’Ennahdha dira que sa formation «travaille sans relâche» pour sa tenue et sa réussite.
«Elle permettra de faire des propositions et d’initier des actions qui permettront de faire sortir le pays de cette crise», assure-t-il, considérant qu’il est temps de «réunir les conditions nécessaires au lancement d’un dialogue incluant tout le monde». Cela se fera avec «des personnalités acceptables et choisies par le peuple», a-t-il précisé. Le même responsable n’a, par ailleurs, pas manqué de saluer les dispositions prises récemment pour «la protection de l’argent public et la lutte contre la corruption», insistant toutefois pour que cela se fasse «dans le respect de la justice, loin de l’esprit de vengeance ou sélectif», faisant allusion aux récentes arrestations opérées dans le milieu des hommes d’affaires. La position de l’ANP dans la crise actuelle a été, également, évoquée par M. Benaïcha.
Tout en saluant l’alignement de l’institution militaire aux côtés du peuple et son discours qui laisse «possibles toutes les initiatives» pour une sortie de crise, il ne manquera pas du souligner que l’élection présidentielle «ne peut se tenir avec les figures actuellement au pouvoir».<