Après plus de deux semaines de grève, les étudiants de l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle de l’audiovisuel (Ismas) annoncent qu’ils reprendront les cours aujourd’hui. En effet, ils ont réussi à décrocher une partie de leurs revendications auprès du ministère de la Culture, qui leur a envoyé l’un de ses représentants afin de trouver des solutions et arrêter le calvaire que vivent ces étudiants depuis plusieurs années.

Il s’agit en premier lieu de faire valoir leur diplôme au même titre que ceux des autres facultés. Ensuite, d’ouvrir des sessions de master et doctorat, en ne se limitant pas juste à la licence, comme c’est le cas actuellement. Sachant que cet institut est passé, depuis quelques années, en mode LMD (Licence, Master et Doctorat). En ce qui concerne, l’une des principales revendications des étudiants qui est le départ de la directrice, cela n’a pas été approuvé par le ministère, affirment les étudiants contestataires. A propos de la décision de la reprise des cours à l’Ismas, nous avons contacté l’un des porte-paroles des étudiants, Amara Saber, étudiant en troisième année d’actorat, qui nous a confié que l’inspecteur central du ministère de la Culture Hicham Issouni, leur a rendu visite mercredi passé et avait fait preuve de souplesse pour répondre aux préoccupations des étudiants et à la compréhension de leurs revendications. Le porte-parole des étudiants précise que  «concernant l’une de nos conditions pour la reprise des cours, qui est  l’ouverture de la section master pour cette année, cet inspecteur nous a ramené un document officiel signé, confirmant que le master aura bien lieu cette année». Il est aussi question, selon lui, d’avoir un diplôme valable  signé par les deux ministères, à savoir le ministère de la Culture et celui de l’Enseignement supérieur. «L’inspecteur nous a affirmé que notre dossier sera pris en charge, mais nous sommes dans une liste d’attente, vu que le ministère de l’Enseignement supérieur est submergé par les dossiers. Il faut, selon lui, un peu de temps afin de satisfaire cette revendication», explique-t-il. Amara Saber ajoute, concernant la rencontre avec le représentant du ministère de la Culture, que «nous avons aussi exigé la mise en place d’un comité d’enquête sur les questions d’administration et de corruption qui règnent sur l’institut. Cette demande a bien été validée par le ministère. En conséquence nous avons gagné sur certains plans». Soulignant, toutefois que l’une des premières revendications, à savoir le limogeage de leur directrice Fouzia Akkak, n’a pas encore été approuvé, Amara Saber explique que «le représentant du ministère nous a promis de faire parvenir notre message aux autorités concernées, mais, pour l’instant, il n’est pas en mesure de donner suite à cette dernière». L’étudiant nous dira également que «nous avons décidé, lors d’une réunion avec les étudiants, de reprendre, aujourd’hui, les cours, mais nous n’allons pas baisser les bras. Une autre rencontre avec l’inspecteur aura lieu dans une semaine, il doit nous faire parvenir la décision finale du ministère suite aux autres revendications restantes. Si la réponse est négative, nous organiserons une autre réunion afin de décider de la suite des évènements. C’est là que l’on décidera si nous reprendrons la grève ou patienterons jusqu’à ce que les évènements actuels que vit notre pays rentrent dans l’ordre». Il est à noter que le bureau des étudiants de l’Ismas a adressé un communiqué, annonçant, «la reprise des cours» et le retour de l’atmosphère artistique parmi les étudiants ». Ceci par l’organisation, prochainement des journées théâtrales à l’institut, annonçant par la même occasion  que «les portes sont ouvertes pour ceux qui veulent  participer». La même source ajoute qu’«il est important d’éviter les conflits et les intérêts personnels apparus récemment entre les étudiants, le Bureau des étudiants sera responsable du suivi administratif des demandes soulevées pour les prochains communiqués avec les ministères de la Culture et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique». Par ailleurs, la directrice de l’Ismas Fouzzia Akkak a affirmé, dans nos colonnes, qu’elle était ouverte au dialogue avec les étudiants et qu’elle est disponible à  trouver des solutions pour leurs revendications (lire ci-dessous entretien accordé à Reporters avant l’annonce de la reprise des cours).n