Via Facebook et à la faveur du « Hirak », un groupe de jeunes volontaires a investi la vieille médina pour lui donner un nouveau look. Ils sont artistes, architectes, étudiants, simples citoyens portant leur ville et son histoire dans le cœur. Leur seul souci, redonner un nouveau visage au quartier ancestral d’El Medress, à travers une restauration bénévole, un acte civique, au niveau de derb Sid El Yeddoun, derb Beni Djemla, derb N’idja…

« On était trois au début pour le projet de rénovation du quartier populaire à Tlemcen, on est arrivé à plus de 80 personnes en seulement une semaine. Notre équipe est ouverte pour toute le monde et ensemble, main dans la main, nous construisons une Algérie meilleure», dira Amine Sahnouni sur sa page Facebook. Et d’inviter les jeunes à venir partager « une journée magnifique avec les bâtisseurs de l’espoir aux côtés d’architectes, d’archéologues, d’hommes et de femmes de terrain…». L’appel pour ce projet a été lancé récemment de manière simple et spontanée : «Pour la restauration de l’extérieur du quartier El Medress, on a besoin de peinture lavable blanche, d’échafaudages métalliques et de planches ornementale». L’écho a été rapide. Une armada de jeunes volontaires, composée de toutes les franges de la société et de spécialistes, dont des artisans, s’est mobilisée pour sauver ce beau quartier de la décrépitude et lui redonner une seconde jeunesse. Une belle leçon de civisme et de civilisation des citoyens en ces temps de mobilisation populaire pour le changement du système. A noter la visite surprise du wali Ali Benyaïche au niveau de ce chantier citoyen. Le premier responsable de la wilaya a salué cette initiative et félicité les jeunes pour ce projet en faveur duquel il a requis une équipe technique pour guider les volontaires dans ce cadre. Il faut savoir dans ce sillage que le bureau d’études français, chargé du dossier de la restauration de la Casbah d’Alger, a avalé 26 000 milliards de centimes. A cette occasion, le wali a visité également le quartier de Bab Zir, une véritable plaie au cœur de la vieille médina ; un décor chaotique suite à l’attentat à la bombe de 1997 visant les maisons de tolérance héritées des boîtes militaires de campagne (BMC). Depuis, le site qui était devenu une décharge publique sauvage, abrite parallèlement un parking et un souk hebdomadaire informels.
Près de 40 tonnes de décombres et ordures ont été enlevées par les services de l’APC de Tlemcen sur instruction du wali. On se rappelle que, lors de sa visite d’inspection des sites et monuments de la ville de Tlemcen le 5 janvier 2005, en compagnie de la ministre de la Culture Khalida Toumi, le Directeur général de l’Unesco Koïchiro Matsura et son adjoint Mounir Bouchenaki devaient visiter la vieille médina, mais le programme fut chamboulé « au profit » de Nedroma, influence de Cheïkh Ghaffour oblige. Par ailleurs, il y a lieu de signaler que le Grand-Tlemcen vit au rythme des opérations de volontariat dédiées à l’amélioration du cadre de vie (nettoiement, ravalement, embellissement). Citons dans ce cadre la cité des 500/Logements à Bouhenak (Mansourah), où l’initiative revient à un commerçant, Amine Bensafi, sponsor, ainsi qu’à Oudjlida, Abou Tachfine, Sidi Saïd… Dans ce sillage, devant l’incurie de l’APC de Chetouane, les habitants de la cité des 18/Logements ont décidé de prendre le taureau par les cornes en achetant des matériaux de construction et procéder à l’aménagement de l’accès de la cité qui était dans un état déplorable. Dans cette commune, d’autres actions citoyennes sont à signaler, à l’instar de l’environnement de la source de Aïn Sefra et l’embellissement de l’école primaire du village de M’dig. n