De notre correspondante Dominique Lorraine
A l’image de son affiche, qui présente une route qui tourne à angle droit, la Quinzaine des réalisateurs prend un virage à 90 degrés, sous la houlette de son nouveau délégué général l’Italien Paolo Moretti.
Cette 51e édition propose vingt-six longs-métrages dont le point commun est pour beaucoup l’excentricité. «L’ADN de la Quinzaine, c’est d’aller vers des éclats visionnaires, des visions inattendues et de faire confiance aux réalisateurs qui osent aller vers des terrains inexplorés», a-t-il souligné.
En ouverture, le film du fantasque Quentin Dupieux, avec Jean Dujardin et Adèle Haenel, «Le Daim», soit un homme qui tombe amoureux de… son blouson en daim.
Le Français Benoît Forgeard, déjà auteur d’une comédie déjantée «Gaz de France», propose «Yves», dans lequel un réfrigérateur se lie d’amitié avec un rappeur.
Histoire de vaudou haïtien, «Zombi Child» pour Bertrand Bonellodans, lequel «un homme est ramené d’entre les morts pour être envoyé de force dans l’enfer des plantations de cannes à sucre».
On y trouve aussi «Dog don’t wear pants», film scandinave de Jukka-Pekka Valkeapää, qui parle de «renaissance par le biais de pratiques extrêmes sadomasochistes»
La starlette Zahia Dehar, connue pour être au centre d’une affaire de mœurs footballistiques, fera ses premiers pas au cinéma avec «Une fille facile», de Rebecca Zlotowski. A noter, également, la présence d’un film Netflix (banni en Sélection officielle) «Wounds», un thriller psychologique du cinéaste britannico-iranien Babak Anvari, avec Armie Hammer et Dakota Johnson sur «l’explosion d’un couple à cause des nouvelles technologies».
On se réjouira de la sélection de «Tlamess», du Tunisien Ala Eddine Slim, qui avait marqué les esprits avec un précédent long métrage «The Last of us», doublement primé à la Mostra de Venise en 2016. Seul film arabe et africain de cette sélection, avec au casting, la Tunisienne, Souhir Ben Amara, le chanteur égyptien, Abdullah Miniawy, et la participation de Khaled Benaïssa.
On est également heureux du retour de la réalisatrice afghane Shahrbanoo Sadat (en 2016, «Wolf and Sheep» avait obtenu l’Art Cinema Award), avec «The Orphanage» qui se déroule à Kaboul «et joue avec l’influence du cinéma hollywoodien».
Côté américain, les comédiens Robert Pattinson et Willem Dafoe sont particulièrement attendus dans «The Lighthouse» de Robert Eggers, «film d’horreur qui se passe sur une île lointaine et mystérieuse du XIXe siècle», a précisé le sélectionneur.
La Quinzaine rendra aussi hommage au réalisateur américain John Carpenter (Halloween, New York 1997), maître du fantastique, et proposera un master class de l’Américain Robert Rodriguez qui présentera aussi son dernier opus «Red 11», une variation autobiographico-fantastique sur les essais pharmaceutiques.
Sur les 24 films sélectionnés, 16 sont l’œuvre de réalisateurs dont «c’est la première fois à Cannes», a souligné Paolo Moretti. Espérons que cette sélection pléthorique et éclectique contiendra quelques pépites. Nous y reviendrons plus longuement bien sûr.

La Sélection
Film d’ouverture :
Le Daim de Quentin Dupieux
l Alice et le maire de Nicolas Pariser
l And Then We Danced de LevanAkin
l Ang Hupa (The Holt) de Lav Diaz
l Dogs Don’t Wear Pants de Jukka-Pekka Valkeapää
l Canción Sin Nombre (Song Without a Name) de Melina León
l Ghost Tropic de Bas Devos
l Give Me Liberty de Kirill Mikhanovsky
l Hatsukoi (First Love) de Takeshi Miike
l The Lighthouse de Robert Eggers
l Lillian de Andreas Horwath
l Oleg de Juris Kursietis
l On va tout péter de Lech Kowalski
l The Orphanage de Shahrbanoo Sadat
l Les Particules de Blaise Harrison
l Perdrix d’Erwan Le Duc
l Por El Dinero (For the Money) de Alejo Moguillansky
l Sem Seu Sangue (SickSickSick) de Alice Furtado
l Tlamess d’Ala Eddine Slim
l Huo Zhe Chang Zhe (To Live to Sing) de Johnny Ma
l Une Fille facile de Rebecca Zlotowski
l Wounds de Babak Anvari
l Zombi Child de Bertrand Bonello

Film de clôture :
Yves de Benoît Forgeard
l Séances spéciales : Master class Robert Rodriguez, suivie d’une présentation du film Red 11
l The Staggering Girl de Luca Guadagnino (moyen métrage)