Après plusieurs semaines d’impasse politique, le Forum des chefs d’entreprise (FCE), dans sa nouvelle formule post-démission d’Ali Haddad, est sorti de son silence pour tirer la sonnette d’alarme sur d’éventuels effets nocifs de la situation politique actuelle sur l’économie du pays.

Le FCE a appelé à répondre, sans délais, aux revendications du peuple algérien, faute de quoi « cette crise, si elle venait à perdurer davantage, aura des répercussions très négatives sur la situation économique du pays, ce qui pèserait sur les entreprises économiques du pays qui commençaient à peine à se remettre des difficultés », lit-on dans un communiqué diffusé, hier, par le Forum des chefs d’entreprise. L’organisation, managée désormais par le P-DG de la NCA Rouiba, Saïd Moncef Othmani, a ouvert une nouvelle fois la parenthèse des réformes économiques qui devraient accompagner l’actuelle transition politique, renouvelant la détermination de ses membres à accompagner l’actuel processus de changement. La question des réformes doit être notamment prise en charge « dans le cadre d’une approche globale, notamment en matière de cadrage juridique et institutionnel, en garantissant la liberté d’entreprendre pour l’ensemble des opérateurs économiques nationaux et en enrichissant le réseau des PIM-PMI et des sous-traitants et en donnant la plus grande opportunité aux jeunes entrepreneurs pour contribuer à ce changement important et historique que connaît le pays, étant donné que nos jeunes deviennent désormais le moteur de ce changement », écrit le FCE dans son communiqué. Ce thème de réformes a été à maintes reprises évoqué au lendemain du contrechoc pétrolier de juin 2014, mais les précédents gouvernements n’étaient jamais allés au bout du chantier. C’est dire que le sujet des réformes n’est pas nouveau pour les gouvernants et avait été évoqué par le passé, mais il est resté au stade d’une simple intention. « Les membres du FCE renouvellent leur appel à s’éloigner définitivement de l’économie de la rente et de s’orienter résolument vers l’économie de production de richesse et de valeur ajoutée, étant donné qu’il constitue le noyau garantissant la souveraineté économique et politique, ce qui entraînera une véritable stabilité et un développement durable au profit des générations futures », écrivent les membres du FCE. Pour autant, les patrons du FCE ne perdent pas de vue la nécessité de répondre aux revendications défendues à cor et à cri par les Algériens, renouvelant leur soutien à ces demandes qualifiées de « légitimes », invoquant « l’impératif d’un changement profond à même d’asseoir les fondements et les principes d’une vraie démocratie, où règneront la bonne gouvernance politique et économique ainsi que la transparence dans la gestion des affaires publiques ». Le Forum des chefs d’entreprise martèle que l’«édification d’un Etat de droit et des libertés est la seule garantie pouvant préserver les droits à tous et construire des institutions solides au service des citoyens et de la Nation ». Le FCE n’a pas hésité à apporter son soutien à l’institution militaire qui, selon l’organisation, « œuvre à garantir la stabilité et le succès de cette période de transition et ce, dans le souci de préserver la sécurité du pays et des citoyens en cette période historique que vit le pays ». Le FCE a lancé un appel à destination de toutes les forces vives de la Nation ainsi qu’à tous les leaders d’opinion, qui sont aussi bien à l’intérieur des institutions qu’à l’extérieur, « afin de mettre main dans la main pour la concrétisation de toutes les attentes des citoyens et au service de l’Algérie », conclut le communiqué du Forum des chefs d’entreprise. Que ce soit sur l’impératif de hâter la transition politique et d’accélérer les réformes économiques ou l’engagement en faveur d’une économie hors hydrocarbures, le FCE a le mérite de redonner à l’urgence économique ses lettres de noblesse. n