C’est dans une ambiance électrique que le comité central du Front de libération nationale (FLN) a entamé, hier, ses travaux au Centre international des conférences (CIC). Ayant pour seul ordre du jour, l’élection d’un nouveau secrétaire général, les travaux du CC avaient eu du mal à démarrer. Et pour cause.
La séance d’ouverture a été émaillée de quelques escarmouches entre les membres de l’instance en raison d’une certaine opposition au choix des membres désignés pour présider les travaux.

Dans une foire d’empoigne, des membres du CC ont exprimé à gorge déployée leur refus de voir d’anciennes figures, «vomies par les militants, dans le bureau de la rencontre». Ce n’est qu’une heure et demie après que les esprits se sont calmés et que les travaux ont été déclarés ouverts par Ahmed Boumehdi, le doyen des membres du CC. Mais là encore, les participants avaient exigé un préalable avant de démarrer la réunion, démettre Ould Abbès de sa qualité de secrétaire général du FLN. «Ould Abbès n’a pas souhaité être présent et a envoyé une lettre de démission de son poste », a lancé Boumehdi, qui a été vite interrompu par des participants qui ont dénié le droit à Ould Abbès de démissionner. «Nous devons opérer un retrait de confiance à ce personnage qui a mis à genoux le FLN», a lancé un participant. Ce qui a été approuvé à l’unanimité. Dès lors, le CC a entamé ses travaux par le retrait de confiance au secrétaire général Djamel Ould Abbès, absent à cette séance. Mais pas seulement, puisqu’à l’unanimité des membres du CC, il a été décidé, également, de geler sa qualité de membre au sein du CC. Aussi, la séance d’ouverture a été interrompue suite à des désaccords survenus au sujet de la liste proposée pour les membres du bureau de la session et concernant l’élaboration de la liste des membres du comité de candidatures pour le poste de secrétaire général. Dans les coulisses, plusieurs ministres ont boycotté les travaux du CC, à l’instar de l’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune. « Mon parcours ne me permet pas d’assister à un comité central convoqué par Ould Abbès », a-t-il lancé à la presse. Boudjemaâ Haïchour, l’ancien ministre des PTT, a expliqué qu’il lui était impossible de prendre part aux travaux « d’une session électrique et caractérisée par un brouaha jamais vu dans aucun autre parti». Abdelkader Khomri, de son côté, refuse catégoriquement «de prendre part au CC». D’autres ministres, Abdelmalek Boudiaf, Bedda Mahdjoubi ou encore Talai, ont également boycotté la séance. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que le CC a ouvert ses travaux avec l’adoption du bureau devant gérer les travaux de la session. Aussi et pour l’ouverture des candidatures au poste de secrétaire général, la séance des travaux a, encore une fois, été interrompue. « Nous ne voulons pas des anciennes figures qui ont été à l’origine du chaos au FLN, tout comme nous ne voulons pas des candidats qui traînent des casseroles », a scandé l’assistance. Ce n’est qu’une heure après que les choses sont revenues à la sérénité et douze membres ont posé leur candidature. Il s’agit entre autres de Mohamed Djemai, Saïd Bouhedja, Badji Abou El Fadl, Djamel Benhamouda, Mustapha Mazouzi, Madani Moussa, Kharchiche Ahmed, Aïssa Guetir et Fouad Sebouta. Le comité de candidatures, qui s’est chargé de trancher les dossiers de candidature a été surpris par l’annonce, à 18h30, de l’obligation de restituer la salle du CIC à ses propriétaires. « On nous a dit de remettre la salle à ses propriétaires car on a tardé à finir les travaux qu’on avait prévu de finir à 17h », a lancé Boumehdi, sans plus amples détails. Cette situation a contraint l’ensemble des participants à quitter la salle. Pour rappel, la wilaya d’Alger avait donné son autorisation pour la tenue d’une session extraordinaire du comité central du FLN, à la demande de l’ex-secrétaire général Djamal Ould Abbès et de membres du CC.n