Le Palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger accueille, depuis samedi dernier et jusqu’au 18 mai prochain, l’exposition d’une importante collection de photographies dédiées à certains  principaux sites et monuments historiques du pays à découvrir ou à redécouvrir pour le grand public et les passionnés de l’histoire de l’Algérie. Le rendez-vous organisé par le ministère de la Culture, en faisant appel à la collaboration de l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGEBC), met ainsi en avant des vestiges remontant aux différentes périodes et peuplement. Ceci du royaume numide à l’empire romain, en passant par la période phénicienne. L’exposition réunissant des tirages photographiques de grand format est accompagnée de textes explicatifs. Le visiteur y découvre près d’une quarantaine de clichés détaillant des vestiges ou exposant des vues d’ensemble de villes antiques, à l’instar du célèbre forum, des mosaïques ou des voies de circulation de l’antique Hippone (Annaba). Un site s’étendant, pour rappel, sur 25 hectares, qui fut tout d’abord un comptoir punique dès le IVe siècle avant J.-C. puis la capitale du royaume numide sous le nom de Hippo Regius (Royale), tel qu’il est précisé dans la texte d’accompagnement.
Il est également souligné dans ce texte que la ville d’Hippone, bien que considérée comme moyenne, connaîtra «des siècles de prospérité jusqu’à l’invasion vandale». 
L’exposition est ainsi organisée avec un but pédagogique avec des textes mettant en avant la naissance où les particularités de chaque vestige, classées sur les listes nationales et mondiales. A titre d’exemple, la photographie de l’Arc de Macrin rappelle la création de la ville de Diana Veteranorum (Zana El Belda), situé dans l’actuelle Batna, fondée par des vétérans de la 3e légion romaine,  notamment connue pour ses deux arcs de triomphe, l’un d’eux étant «probablement» érigé pour l’empereur Marc Aurèle et son frère Lucius Verus. Présentant quant à elles le «Temple d’Iomnium » ainsi que l’antique église, les vestiges de la ville d’«Iomnium» située à Tigzirt, dans la wilaya de Tizi Ouzou, est pour sa part un site moins connu du grand public et rendu difficile d’accès pour les chercheurs. La ville moderne, explique-t-on, ayant été construite «en partie, sur les vestiges de l’antique cité, dont il ne demeure que peu de vestiges». Ces principaux vestiges sont un temple, une église et ce qui reste des thermes. Iomnium ayant néanmoins «été une cité de taille moyenne qui prospéra, avec son port, entre 39 av. J.-C. et 640 ap. J.-C.». L’exposition, organisée avec l’idée de promouvoir la notion de préservation et de sécurisation des sites historiques, met ainsi en avant leurs valeurs scientifiques et historiques qui restent méconnues par le grand public. Par ailleurs, une dernière partie de l’exposition aborde   les découvertes archéologiques réalisées récemment au niveau du site de «Aïn Hanech » à Sétif. Cette découverte présentée par l’affiche réalisée par le musée du Bardo et le Centre national de recherche préhistorique anthropologique et historique (CNRPAH), rappelle que le site était «la plus ancienne occupation humaine en Afrique du Nord», plusieurs photos laissant ainsi découvrir des outils de pierre ou des restes d’ossements. Pour rappel, l’exposition dédiée aux sites classés de l’Algérie antique est organisée dans le cadre du Mois du patrimoine, célébré chaque année du 18 avril au 18 mai, par l’ensemble des musées, musées de site ou structure de la culture. La nouvelle ministre de la Culture Meriem Merdaci avait notamment précisé, en marge du lancement de l’exposition, samedi dernier, que des visites seraient organisées durant le mois au profit des élèves des trois paliers scolaires et que des «cycles de formation» à la préservation du patrimoine sont par ailleurs prévus.n