Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, promet pour cette année une saison estivale à la portée de tous.

Lors d’une rencontre sur les préparatifs de la saison estivale 2019, hier à Alger, avec les directeurs du tourisme des 48 wilayas, il a assuré qu’un effort sera fait afin que les prix des séjours dans les infrastructures hôtelières soient abordables pour les faibles et petites bourses. D’autant plus que la capacité d’accueil nationale avoisine les 12 000 lits, avec la réception, pour cet été, de 83 infrastructures hôtelières. «Nous allons organiser très prochainement une réunion avec tous les secteurs et partenaires sociaux pour mieux préparer la saison estivale qui doit être meilleure cette année. C’est également pour encourager la conclusion d’autres accords, dans le cadre de la solidarité, pour offrir aux estivants les meilleurs rapports qualité-prix possibles», dira-t-il. Seulement, avec la conjoncture politique actuelle, marquée par les marches populaires, la baisse des prix semble une équation difficile à résoudre pour les opérateurs de l’hôtellerie.
Le directeur général du groupe Ghtt (hôtellerie, tourisme et thermalisme), Lazhar Bounafaâ, a confié qu’en raison de la conjoncture actuelle, le groupe a perdu un nombre important de clients, entre 75 et 100%. Au niveau d’Alger, rapporte-t-il, le groupe a perdu 95% de ses clients.
«C’est du jamais vu depuis trente ans que le groupe existe ! Non seulement nous avons perdu des clients, mais les réservations pour la saison estivale, où nous réalisons notre plus grand chiffre d’affaires, ne dépassent pas les 5% pour le moment.
A la même période, l’an dernier, nos hôtels affichaient complet jusqu’au mois de septembre !», confie-t-il, soulignant qu’il lui faudra réfléchir à une autre démarche de communication et de promotion pour remplir les hôtels du Groupe d’ici la saison estivale.
Pour lui, ce qui pose problème dans le secteur du tourisme c’est le manque de pouvoir de décision. «Si on n’arrive pas à obtenir des rapports qualité-prix compétitifs, comme souhaité par les pouvoirs publics, c’est parce qu’on n’arrive pas à payer nos dettes et les charges du personnel, tout en nous acquittant des cinq taxes qu’on nous impose.
C’est le seul secteur où on impose autant de taxes !», signale-t-il. La fiscalité, précise-t-il, représentant 25% des recettes.
«Ce qui est énorme ! Comment honorer nos dettes dans ce cas-là, estimées à 90 milliards de dinars ? De toute façon, le délai de sept ans qu’on nous accorde pour rembourser nos crédits est très insuffisant.
Dans les pays voisins, les investisseurs dans ce secteur bénéficient d’un délai de 25 ans.
Ce qui leur permet de fixer des prix avantageux pour les estivants», soutient-il, appelant à ce que des mesures soient prises en matière de fiscalité. Le ministre du Tourisme présidera une rencontre aujourd’hui, à Alger, avec les institutions financières et bancaires, le ministère des Finances et les opérateurs, afin de mettre en place des mesures plus incitatives au profit de ces derniers. Pour ce qui est de la saison estivale, il a appelé les directeurs de tourisme à se montrer plus offensifs, plus « agressifs » sur le terrain, dans le suivi de la réalisation des projets mais aussi en matière de contrôle sur les services touristiques, hébergement, restauration et animation, et renforcer le rôle des offices du tourisme locaux, notamment dans le nettoyage des plages.
A ce propos, d’ici le mois de juin, 459 plages seront autorisées à la baignade contre 410 en 2018. Benmessaoud a assuré que le secteur s’emploie à rendre plus professionnelle la gestion et l’exploitation des plages, qui seront gratuites mais pas les services.
«Ce qu’on souhaite, c’est qu’un texte réglementaire soit dédié exclusivement à la gestion et à l’exploitation des plages et à renforcer la sécurité au niveau des plages externes, qui se trouvent à proximité des hôtels et gérées par ces derniers», dira le Directeur général du Ghtt.n