La commémoration du 62e anniversaire de la bataille de Fillaoucène a eu lieu dimanche 21 avril, au niveau de la commune de Aïn Fettah. Les festivités officielles auxquelles ont pris part les autorités locales, à leur tête le wali Ali Benyaïche, ont été émaillées par des incidents dans le sillage de la mobilisation populaire. En effet, le premier responsable de la wilaya a été accueilli devant la stèle commémorative érigée à Aïn Fettah par des cris « Dégage ! » qui fusaient de la foule compacte en colère. Pendant ce temps, des citoyens assiégeaient les APC de Aïn Youcef (Hennaya) et Aïn Nehala (Aïn Tellout) demandant le départ des P/APC accusés de carence et de prévarication. Pour revenir à cet évènement historique, il faut savoir que la bataille de Fellaoucène est sans doute l’un des plus importants hauts faits de la guerre qu’a connus la Wilaya V durant la guerre de Libération nationale.
Le 20 avril 1957, la chaîne montagneuse des Traras orientales a été le théâtre d’une rude bataille, menée par les trois principaux chefs militaires de l’ALN, Moulay Ali, Tetouane et Mouh Abdellah (nom de guerre) contre les forces de l’occupation française. L’enjeu militaire de cette bataille fut tellement important que les forces de l’armée coloniale ont utilisé tout leur arsenal militaire pour déloger l’Armée de libération nationale de ce bastion imprenable, dans l’espoir de mettre fin à son action militaire en la coupant de sa base populaire qui lui apportait tout le soutien. A l’aube du jour «J», coïncidant avec le 16e jour du mois de Ramadhan, l’armée française engagea deux bataillons d’infanterie, munis de chars et de blindés couverts par une trentaine d’avions de combat et de reconnaissance et douze hélicoptères, pour venir à bout de la Révolution armée dans cette zone. La bataille fut âpre et les pertes humaines matérielles du côté de l’ennemi furent aussi importantes. Selon des bilans contradictoires, l’armée française aurait perdu entre 500 et 700 hommes, et du côté de l’ALN, une trentaine de chouhada seraient tombés au champ d’honneur. Le récit le plus fidèle sur le déroulement de cette bataille vient d’un témoignage vivant, accordé en 1993 à l’APS, par le moudjahid Si Ahmed Sarhane, membre de l’ALN, de la Zone 2 Wilaya V, qui a survécu à ce haut fait de guerre. E. H. T.