Les choses se sont accélérées au sein de l’UGTA, dont la date de la tenue du 13e congrès est désormais avancée et fixée sous la pression de la contestation et de la fronde contre Sidi Saïd en poste depuis 1997.
En effet, le congrès de la centrale syndicale aura lieu les 21 et 22 juin prochain, selon des informations fournies hier par Ahmed Guettiche, secrétaire national chargé des relations publiques au niveau de cette organisation syndicale, qui s’exprimait hier dans un point de presse à l’issue d’une réunion de la commission préparatoire dudit congrès. Signe de malaise au sein de l’organisation, la réunion s’est tenue à huis-clos. Elle a été présidée, indique-t-on au niveau de la maison du Peuple, par Abdelmadjid Sidi Saïd, en présence des secrétaires des 48 wilayas ainsi que des secrétaires généraux des 30 fédérations que regroupe la centrale syndicale. Au cours de cette conférence, que devait animer initialement Sidi-Saïd, avant de s’excuser par «un empêchement d’ordre personnel», Ahmed Guetiche a affirmé que ce congrès devait «se tenir en janvier prochain, mais la commission exécutive -l’instance la plus haute entre deux congrès-, a préféré avancer la date de son déroulement».
L’objectif recherché à travers ce choix est de «lever toutes les ambiguïtés et les rumeurs de part et d’autre et ce par rapport à la situation actuelle», expliquera le conférencier. Autrement dit, les responsables de l’UGTA ne pouvaient pas ne pas tenir compte du «Hirak» actuel et du mouvement syndical qui l’a suivi et à travers lequel beaucoup de travailleurs et de syndicalistes réclament le départ de Sidi-Saïd auquel est reprochée une mauvaise orientation de l’organisation syndicale, notamment son soutien «aveugle» à l’ancien président de la République. Le secrétaire national chargé des relations publiques a souligné aussi que «la première phase de préparation s’étalera du 4 au 16 mai prochain. C’est une phase très importante dans la mesure où elle connaîtra l’enrichissement des statuts et du règlement intérieur actuel. A la question de savoir l’importance que revêt la tenue de ce congrès pour l’UGTA, le secrétaire général de la Fédération de l’agroalimentaire et membre de la commission de préparation du congrès, Salim Labatcha, évoquera un travail de révision de quelques points tels que celui qui touche à «l’équilibre entre les structures de la centrale syndicale». Salim Labatcha a tenu ces propos dans un contexte où il insistait sur «la refonte» dont a besoin aujourd’hui la centrale syndicale et ce, par rapport à «la situation actuelle qui impacte son activité». A une autre question de savoir si le secrétaire général actuel de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, allait se porter candidat pour être réélu à la tête de cette organisation lors du prochain congrès, le secrétaire national chargé des relations publiques Ahmed Guetiche s’est contenté de rappeler les déclarations déjà faites par Sidi-Saïd affirmant ne pas postuler à sa propre succession. Il a laissé entendre, toutefois, que tout pourrait arriver lors de ce congrès prévu en juin prochain. A propos de la représentation des unions et fédérations à la réunion d’hier, le même intervenant a tenu à relever que la réunion préparatoire «a connu la présence des représentants de toutes les unions locales ainsi que les représentants des 30 fédérations que regroupe la centrale syndicale».
Il a nié, par la même occasion,
«toute exclusion qu’aurait subi certaines unions de wilaya pour avoir participé au mouvement syndical qui réclame le départ de Sidi Saïd», relevant que «contrairement à certaines rumeurs, Sidi-Saïd n’a pas déposé sa démission lors de cette réunion».<