Mohammed Ouaret a été installé hier dans ses fonctions de directeur général des Douanes en remplacement de Farouk Bahamid, qui a occupé ce poste depuis novembre 2017. Présidant la cérémonie d’installation, le ministre des Finances, Mohamed Loukal, a affirmé que la nomination d’Ouaret s’inscrit dans le cadre du « processus normal de fonctionnement de l’administration publique et constitue une procédure ordinaire de passation de pouvoirs » entre cadres supérieurs, membres du corps des Douanes algériennes.
Le ministre s’est dit confiant que le nouveau directeur général trouvera, grâce au soutien de tous, les meilleures conditions réunies pour poursuivre les nobles missions de la Douane, notamment la mise en œuvre de son plan de modernisation, qui a enregistré, a-t-il dit, un avancement « notable ». Cette cérémonie a été l’occasion pour le ministre de souligner le « soutien de la Nation algérienne à toutes les actions menées par les Douanes algériennes pour garantir la sécurité de l’économie nationale, appelant les cadres et agents de ce corps à s’engager pleinement dans la poursuite des efforts pour protéger les intérêts suprêmes du pays ». Pour sa part, Ouaret a tenu à adresser ses remerciements et exprimé toute sa gratitude aux autorités publiques pour la confiance placée en sa personne, en le désignant à la tête de ce secteur sensible en cette conjoncture particulièrement difficile. Il s’est engagé à œuvrer « inlassablement et à mettre à profit toute sa compétence et son expérience au service du développement des Douanes et à assumer dignement ses responsabilités en vue de parvenir aux plus hauts niveaux de gestions et maintenir le rythme de performance». Ouaret a appelé, en outre, les cadres et agents des Douanes à «poursuivre leur travail avec sérieux et abnégation et à consentir davantage d’efforts dans le cadre du strict respect des lois de la République, en vue de préserver l’économie nationale, notamment dans le contexte actuel ». Le ministre semble avoir confiance en monsieur Ouaret, qui connaît l’administration douanière de fond en comble, pour y avoir occupé le poste de sous-directeur des facilitations douanières auprès de la Direction générale des douanes (DGD), avec le grade de contrôleur général, pour réussir dans cette tâche difficile qui nécessite le soutien de tout le personnel. Agé de 48 ans et diplômé de l’Institut d’économie douanière et fiscale algéro-tunisien de Koléa (W. Tipasa), Ouaret aura toutefois fort à faire dans un contexte politique et économique tendu. Il aura un rôle de premier plan à jouer dans la lutte contre le transfert illicite de devise. Il s’agit d’une mission difficile. Il est utile de rappeler qu’une Commission chargée de la lutte contre la fraude et le transfert illicite de capitaux a été mise en place, il y a huit mois. Elle travaille à l’élaboration d’un rapport détaillé qui sera transmis, au cours de cette semaine, aux autorités compétentes. Une série de recommandations douanières, y seront insérées. Le nouveau directeur général aura également à mettre les Douanes en phase avec l’évolution de l’économie nationale. L’adaptation peut consister en une modernisation de la technologie. Les Douanes algériennes utilisent encore actuellement un système d’information développé en interne et appelé système d’information et de gestion automatisée des douanes (Sigad) depuis plus de deux décennies, sa première version ayant été déployée en 1995. Bien qu’il soit passé par plusieurs stades d’évolution, ce système ne répond plus aux nouvelles exigences de l’Administration des douanes, encore moins aux attentes des usages de la chaîne logistique du commerce extérieur. Il se caractérise essentiellement par des contraintes fortes liées à la complexité des procédures de dédouanement, et au coût élevé de la logistique lié à la préparation des documents douaniers. Cela impacte négativement le climat des affaires et de l’investissement dans le pays. Ce système constitue « la seule source d’information sur le commerce extérieur de l’Algérie. Mais depuis janvier dernier, l’administration des Douanes travaille à la mise en place d’un nouveau système d’information. Ce dernier aura pour avantages notamment de dématérialiser toutes les procédures douanières, et ce faisant, d’éliminer le pouvoir discrétionnaire des agents des douanes, de garantir la transparence des opérations et de réduire le risque de collusion, d’appliquer les méthodes de classification multicritères des risques de fraude pour contrôler moins tout en réalisant de meilleurs résultats et de permettre ainsi aux Douanes de jouer pleinement leur rôle de protecteur de l’économie nationale.<