Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a indiqué qu’environ 500 000 enfants libyens sont affectés par la récente escalade de la violence dans l’ouest de la Libye, alors que les combats s’intensifient autour de Tripoli, suite aux agressions menées depuis le 4 avril dernier par les troupes de Khalifa Haftar pour s’emparer de la capitale, ont rapporté vendredi des médias locaux. Selon l’Unicef, près de 1.800 enfants attendent aussi d’être évacués d’urgence des zones de combat sur la ligne de front, tandis que 7 300 autres sont déjà devenus des déplacés en raison des violences, ont ajouté les mêmes sources citant un communiqué conjoint diffusé jeudi soir par la directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore et la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, Virginia Gamba. «Les enfants piégés dans les zones de conflit risquent de manquer de nourriture et de perdre l’accès aux soins médicaux. Incapables de quitter ces zones, ils ne peuvent pas trouver sans risque de protection ou d’assistance», ont poursuivi les deux hauts responsables onusiens. Les deux fonctionnaires des Nations unies ont souligné que ces violences mettaient également en danger près de 1.000 enfants de réfugiés et de migrants détenus dans des centres de rétention, notant que «les combats privaient également ces enfants de leur droit à l’éducation». «La Libye a souffert pendant plus de sept ans de conflits persistants qui ont plongé au moins 820.000 personnes, dont quelque 250.000 enfants, dans un besoin urgent d’aide humanitaire», ont-elles rappelé. Mmes Fore et Gamba ont appelé toutes les parties belligérantes en Libye leur obligation de protéger les enfants en vertu du droit international et ont réclamé un accès de l’aide humanitaire à tous les enfants dans le besoin. Notons qu’au moins 205 personnes ont été tuées et 913 blessées en deux semaines suite à l’agression menée par les troupes de Khalifa Haftar contre Tripoli pour s’emparer de la capitale libyenne, selon un bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’OMS a indiqué que les équipes médicales et les chirurgiens qu’elle a mobilisés continuaient d’intervenir dans des hôpitaux de campagne installés sur les lignes de front. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a fait état, de son côté, de 25 000 déplacés, dont plus de 4 500 en 24 heures, «la plus forte augmentation de déplacements en un jour à cause des hostilités à Tripoli et dans ses environs, alors que plus de 2 500 personnes ont été déplacées au cours des dernières 24 heures dans la région. La Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) a condamné «l’utilisation accrue d’armes lourdes et les bombardements aveugles qui ont endommagé des habitations civiles, des écoles et des infrastructures». A l’ONU, les appels se sont multipliés en vue de parvenir à un cessez-le-feu humanitaire en Libye, notamment face à des «bombardements aveugles» qui font «beaucoup de victimes» dans la banlieue de Tripoli. Dans ce contexte, le procureur général militaire du gouvernement d’union nationale (GNA) libyen a émis, jeudi, un mandat d’arrêt contre l’officier en retraite Khalifa Haftar qui a lancé une agression militaire contre la capitale libyenne, selon le texte du mandat publié par le bureau média du GNA. Le procureur a ordonné l’arrestation de M. Haftar et de six de ses officiers, accusés de raids aériens contre des installations et quartiers civils.