Rien ne va plus au FFS. Le débat a laissé place à l’insulte. L’éthique a cédé, hélas, à la brutalité. Dans la nuit du jeudi, la situation a dérapé au sein du vieux parti de l’opposition. Deux groupes distincts se sont affrontés au siège national du parti à Alger. Une scène de violence déplorable montrant des jeunes armés de gourdins, de bombes lacrymogènes… tentant de se neutraliser pour prendre possession du siège.

Les vidéos de ces scènes ont vite fait le tour de la toile suscitant une désapprobation générale des internautes. Les accusations mutuelles entre les responsables du FFS se sont multipliées et les témoignages de militants présents au siège confirment que le devenir du parti est incertain tant et que la violence avec laquelle le différend est géré laisse planer de sérieux doutes sur la possibilité à ces responsables à trouver un terrain d’entente.
A rappeler qu’Ali Laskri avait annoncé l’exclusion de Tayati et Chioukh des rangs du FFS. Ces deniers ont également annoncé qu’Ali Laskri, Brahim Meziani et Mohand Amokrane Cherifi sont exclus définitivement du parti par le dernier conseil national. Dans leur réaction, les opposants au groupe de Laskri ont dénoncé « un groupe de Baltaguis armés d’armes blanches et de gourdins » qui ont attaqué le siège. « Ils étaient cagoulés et ont agressé les militants avant de les obliger à quitter manu militari le siège national », ajoute le communiqué signé par Hayat Tayati et Sofiane Chioukh. Ils ont accusé, pour leur part, Ali Laskri d’avoir «commandité » cette agression. Tayati et Chioukh accusent « Lounès Moussa» d’en être l’exécutant. Le même communiqué a dénoncé « la passivité » de la police qui s’est contentée, selon eux, « de regarder de loin ».
Les deux responsables ont affirmé que ce groupe de « Baltaguis a saccagé le siège, détruit des documents et a pris la fuite ». Dans un témoignage publié sur sa page Facebook, le sénateur Hocine Haroun raconte qu’ils étaient
« une quarantaine d’hommes armés de faux, de sabres, de coûteux et de bombes lacrymogènes » à les attaquer. Il a ajouté qu’il « était en discussion avec Mme Tayati, les camarades Sadali, Benamar, Moh Yacoub et une poignée de militants quand ces forcenés ont envahi le siège ». « Malmené, bousculé, contraint sous la menace de quitter les lieux », a-t-il témoigné, précisant qu’« aujourd’hui M. Laskri est prêt à faire couler le sang au siège pour s’accaparer le parti ».
« J’ai eu vraiment peur et j’ai peur, pour ma personne physique, pour mon parti… », a-t-il encore dit.
Dans un communiqué signé par Ali Laskri, ce dernier indique pour sa part que ceux qui ont attaqué le siège dans la nuit du jeudi ont agi afin « de récupérer le siège de la main des squatteurs dont les meneurs sont des extras au parti qui ont utilisé des moyens lourds dont, un camion appartenant à une APC d’Alger pour défoncer le portail du siège à 3 heures du matin en détruisant le mur ». « Le siège du FFS a été l’objet de scènes de violences inqualifiables et intolérables », a écrit Laksri, accusant nommément Hayat Tayati qui « cherche à discréditer les instances du Parti par des allégations mensongères (…) ».