L’annonce de la tenue du congrès de l’organisation syndicale à une date avancée n’a pas eu raison de la détermination des travailleurs affiliés à l’UGTA qui réclament le départ de Sidi Saïd, plus que jamais dans l’œil du cyclone.

La révolte et la fronde populaires contre le secrétaire général se poursuivent et gagnent même en intensité. Preuve en est l’importante manifestation organisée hier devant le siège de la centrale syndicale.
En effet, des centaines de syndicalistes et travailleurs affiliés à l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta) ont organisé un imposant rassemblement contre le secrétaire général de l’Union, Abdelmadjid Sidi Saïd, devant le siège de la centrale syndicale à Alger. Empêchés d’accéder à la cour principale du siège, les manifestants se sont déchaînés contre Sidi Saïd, coupable d’avoir «éloigné l’UGTA de sa vocation initiale», selon des témoignages de syndicalistes, qui brandissaient des portraits d’Abdelhak Benhamouda, assassiné en 1997, et auquel avait succédé Abdelmadjid Sidi Saïd. La mobilisation est montée d’un cran, cette fois-ci, avec la présence de nombreux travailleurs de grandes entreprises publiques, à l’image de Sonatrach, Cosider, Snvi, Socothyd ou encore Asmidal, Etusa, Anbt… En plus de réclamer le départ de Sidi Saïd, les contestataires reprochent une orientation anti-ouvrière de la part de la direction de la centrale syndicale. Pour les manifestants, Sidi Saïd et sa direction sont coupables «de détournement de l’UGTA pour la mettre au service d’oligarques prédateurs». Les manifestants ont dénoncé sa «proximité excessive avec le pouvoir politique et le patronat, au point de faire de la centrale syndicale un appareil au service du pouvoir politique», et lui reprochent aussi d’avoir «engagé l’Ugta dans le soutien permanent au président Bouteflika même diminué physiquement». Empêchés par la police d’accéder au siège de l’Union, les protestataires se sont contentés de se rassembler à l’extérieur. «Sidi Saïd dégage !», « Libérez l’Ugta !», «Non au bradage des entreprises publiques !», ont-ils scandé. Les protestataires, qui ont manifesté depuis le début du mouvement populaire, ont promis de revenir plus nombreux samedi prochain. Il faut rappeler que devant la forte pression des travailleurs et des syndicalistes, Abdelmadjid Sidi Saïd a consenti à avancer la date du 13e congrès de l’Ugta, alors que le mandat actuel prend fin le 10 janvier 2020. Cette annonce a été, par ailleurs, accompagnée par son engagement à ne pas se porter candidat à sa propre succession. Mais, visiblement, cette annonce est loin de dissuader les syndicalistes, qui veulent en finir avec le règne de Sidi Saïd et tout ce qui le symbolise. Les manifestants mobilisés hier, qui se sont dispersés en début d’après-midi, s’ils n’ont pas pu accéder au siège, sont repartis sur une note de satisfaction, pour la simple raison qu’ils ont pu tenir leur rassemblement contrairement aux précédentes journées où ils ont été empêchés de se regrouper même dans les alentours du siège de l’organisation. Lors du dernier rassemblement, faut-il le souligner, les travailleurs de l’UGTA, venus pour crier leur colère à la face de Sidi Saïd, au siège de la centrale syndicale, ont été empêchés par la police qui les a encadrés aux abords de l’ex-Foyer civique. Seuls pouvaient y accéder les travailleurs favorables au secrétaire général de l’UGTA. Mais, hier, le constat était différent des précédents rassemblements des travailleurs affiliés à l’UGTA. En effet, sur place, on a pu constater une forte présence policière, mais contrairement à ce qui s’est fait ces derniers jours, les forces de l’ordre se sont contentées d’encadrer cette action de protestation afin d’éviter que les syndicalistes ne pénètrent à l’intérieur du siège de l’UGTA. Ainsi, on peut dire que la police a changé de méthode par rapport à la semaine dernière marquée par quelques dépassements à l’égard des foules.<