C’est en présence du directeur général des forêts Ali Mahmoudi, accompagné du wali Ali Benyaïche et des autorités locales, qu’a eu lieu mardi dernier la cérémonie officielle de lâcher d’un groupe de 8 gazelles de Cuvier sur 43 et 15 mouflons à manchettes sur 106, au niveau de la réserve de chasse de Moutas (sur 10 ha au lieudit Sehb Hadadba) dans la commune de Aïn-Ghoraba (daïra de Mansourah), à 20 km de Tlemcen.

Par El Halloui Tlemçani
Auparavant, la délégation officielle s’est rendue au centre cynégétique de Zarifet, situé dans la commune de Mansourah, où le DGF a pris connaissance du fonctionnement de la direction de la Conservation des forêts dirigée par Saïd Kazi (fiche technique présentée par Tewfik Seladji, chef de service gestion), des activités de la Fédération nationale de chasse, la wilaya de Tlemcen comptant 30 associations, présidée par Amar Zahi, avant de visiter le mini-zoo dédié à l’éducation environnementale et l’écomusée (taxidermie). « Le choix de Tlemcen comme point focal au niveau national en matière de préservation et de développement de ces deux espèces animales n’est pas fortuit ; cette région jouit d’atouts majeurs en termes d’infrastructures, de richesses écologiques et de potentialités humaines », a tenu à souligner Ali Mahmoudi. Il faut savoir qu’un programme de protection de la gazelle de Cuvier a été lancé récemment au niveau dudit centre. Cet établissement constitue un point focal national ayant acquis un noyau de 22 têtes provenant de différentes wilayas dont M’sila, Biskra et Tiaret, sachant que le nombre de gazelles développées au sein du centre s’élève à 30, selon la Conservation des forêts de la wilaya. A ce titre, une fois le noyau de gazelles de Cuvier constitué, cette opération de lâcher, contenue dans le plan quinquennal 2015-2020, est effectuée au niveau d’un site plus vaste, en l’occurrence la réserve de chasse de Moutas, qui est équipée d’infrastructures adéquates, pour procéder par la suite à des opérations de réintroduction de l’espèce dans son habitat naturel, souligne-t-on. Le centre cynégétique de Tlemcen (CCT), situé à 1 200 m sur les monts de Tlemcen, est implanté dans la forêt domaniale de Zarifet à quelques dix kilomètres du chef-lieu de wilaya de Tlemcen, à sept kilomètres de la daïra de Mansourah et d’environ la même distance du siège de la commune de Terny. Parmi les espèces développées au niveau du CCT, l’on compte le faisan commun, les perdrix gambra et choukar, les cailles, la pintade, le canard de Pékin, le canard Colvert, l’autruche, outre la gazelle de Cuvier qui demeure l’espèce principale à développer. Le CCT, qui s’étend sur une superficie de 6 ha, abrite des infrastructures d’éducation environnementale et une vitrine d’exposition d’animaux. Placé sous la tutelle de la Conservation des forêts, l’établissement compte un effectif global de 37 employés et accueille près de 2 000 visiteurs par an. L’établissement a été retenu comme centre de référence par la direction générale des forêts et les organismes compétents, dans le cadre du programme «Conservation des écosystèmes naturels pour l’élevage de la gazelle de Cuvier et du mouflon à manchettes ». Un protocole a été signé entre le centre d’Almeria et le CCT qui s’articule sur plusieurs points dont les modalités de capture, d’anesthésie et de colportage des animaux, en plus des techniques d’élevage des gazelles de Cuvier, ainsi que de la formation des formateurs, entre autres… Le centre a été doté d’un équipement d’énergie renouvelable (solaire et éolienne) qui alimente en énergie électrique une très grande partie de l’établissement (éclairage public, le siège administratif et ses équipements et les infrastructures d’élevage. Par ailleurs, si l’élevage s’y est développé de manière remarquable, il n’en demeure pas moins que beaucoup de travail reste à faire dans la culture de la consommation du gibier. A commencer par les habitants de Tlemcen, il faut qu’ils apprennent à introduire dans leur gastronomie des espèces dont le goût et la richesse de leur viande diffèrent des habituels poulets et dindes, selon un ancien gestionnaire. Il soutiendra que les prix sont très abordables et que le centre est capable de répondre à la demande. Une pintade au couscous, sans passer par une tranche de faisandé ne peut être qu’un plaisir de plus pour le palais. Quant à la réserve de chasse de Moutas, vaste de 2 000 ha, elle abrite 85 espèces d’oiseaux, dont la palombe, le pigeon ramier, la perdrix, le merle noir ainsi que de gros gibiers comme le mouflon manchette ou le cerf d’Europe, espèce introduite en 2003. Versée dans le développement de ces mouflons, de l’autruche à cou rouge et des cultures fourragères pour les ongulés (mammifères dont les doigts sont terminés par des sabots), la réserve de Tlemcen abrite quelques bovidés de cette espèce appelée à vivre dans la steppe au sud de Tlemcen après leur lâcher, explique-t-on à la direction de cet établissement. Parmi les autres animaux recensés, l’on retrouve, entre autres, le hérisson. Il faut savoir que la réserve de chasse de Moutas bénéficie d’un intérêt croissant, en ce sens que près de 150 millions de DA y ont été investis depuis 2006, afin de donner à cette aire protégée les moyens de sa politique, protéger et développer la faune. D’autre part, rappelons qu’en marge de sa visite quasi officielle en mai 2009 à Tlemcen, un véritable « safari » avait été organisé pour le fils d’El Gueddafi, Seïf El Islam par le wali de l’époque Abdelouahab Nouri, au niveau de la réserve de Moutas où deux jours furent consacrés à des parties de chasse au mouflon. A noter que cette cérémonie a coïncidé avec la célébration de la Journée du savoir. Ceci dit, n’aurait-il pas été opportun d’inviter à cet évènement des étudiants spécialisés dans la filière environnement ou médecine animale ? Enfin, il y a lieu de signaler que la visite officielle s’est déroulée sans incident. n