La compagnie pétrolière américaine Chevron, fruit d’une fusion entre deux autres sociétés compatriotes, Socal et Texaco, a racheté sa compatriote Anadarko pour un montant de 33 milliards de dollars. Ainsi Chevron met la main sur les actifs que détient Anadarko en Algérie.
Anadarko produit près de 260 000 barils/jour notamment sur le champ Hassi Berkine. Le groupe exploite également, en partenariat avec Sonatrach, le gisement El Merk à Illizi qui représente l’une des plus grandes découvertes de brut réalisées en Algérie, ces dernières années, avec des réserves estimées à 1,2 milliard de barils de pétrole et de condensat. Il faut savoir que cette mainmise sur les actifs peut devenir une bonne chose pour le pays si Chevron venait à répondre aux conditions imposées par la partie algérienne, en l’occurrence Sonatrach. En effet, selon Bouziane Mehmah, consultant en énergie, que « Reporters » a pu joindre par téléphone, « cela ne pourra que renforcer l’exploitation du gaz naturel dont dispose le pays ».
Mais notre interlocuteur a tenu à nous préciser, concernant les conditions émises par Sonatrach pour accepter le rachat d’actifs, « Anadarko devra accepter une remise de 1% des fonds qu’elle détient, conformément aux textes de lois en vigueur relatifs à ce type de transaction. En clair, Anadarko devra accepter une solde négative en faveur de Sonatrach ». Bouziane Mehmah nous a également fait savoir que « ce n’est qu’en acceptant de prendre en charge cette solde et d’autres dispositifs que sera donné le feu vert à Chevron pour mener ses activités en Algérie ». Le consultant estime par ailleurs que « le pays pourrait grandement tirer profit de l’entrée en scène de Chevron dans l’exploration et l’exploitation des gisements fossilifères dans la mesure où il est le deuxième plus grand producteur de gaz au monde ». Et d’ajouter dans ce sens : « Avec Chevron, c’est toute l’activité en amont dans le secteur des hydrocarbures qui va se redéployer.» Et de poursuivre : « Cela s’inscrit d’ailleurs dans l’optique de la stratégie Sonatrach 2030. » Non sans avancer : « Chevron pourrait même soumissionner pour d’autres périmètres mis en adjudication pour leur exploration et, dans le cas de découverte de gisement intéressant, se porter acquéreur. »
Pour l’heure, les négociations entre Sonatrach et Chevron s’annoncent rudes pour arriver à un accord final qui puisse donner le feu vert à Chevron, car il s’agit pour l’Algérie de droit de préemption. Dans un autre registre, il y a lieu de savoir que Sonatrach a entamé à Houston, au début de ce mois d’avril, les premières discussions avec la compagnie pétrolière américaine Chevron, sur des projets d’exploitation d’hydrocarbures en Algérie, a indiqué un haut responsable du groupe Sonatrach.
Ainsi après Exxon Mobil, c’est Chevron, la deuxième compagnie pétrolière américaine, qui s’intéresse au domaine minier de l’Algérie et envisage de s’y implanter pour développer des projets de production, avait déclaré à l’APS Toufik Hakkar, vice-président de Business Development & Marketing de Sonatrach. Toujours selon ce même responsable, les deux groupes ont tenu, le 5 mars 2019, une réunion de travail à Houston en marge du Forum algéro-américain sur l’énergie et se sont donné rendez-vous à Alger pour le mois prochain afin de discuter les détails des projets.n