La compagnie publique des hydrocarbures, Sonatrach, tiendra dès la semaine prochaine la première rencontre avec la firme américaine Chevron Corp, qui vient de racheter Anadarko, autour d’un partenariat pour la production de pétrole et de gaz de schiste en Algérie. C’est ce qu’a déclaré à l’agence Reuters le patron de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kadour.

Des dirigeants de Chevron effectueront une visite à Alger dès les prochains jours. Un signe qui ne trompe pas, selon le P-DG de Sonatrach, sur le grand intérêt que portent les compagnies internationales pour l’Algérie. Une manière pour lui de balayer d’un revers de la main l’idée que les évènements politiques que vit actuellement le pays font fuir les investisseurs étrangers. En mars, des sources de l’industrie pétrolière et gazière ont confié à l’influent journal américain The Wall Street Journal, que les pourparlers entre Exxon Mobil Corp et Sonatrach visant à développer un champ de gaz naturel dans le pays avaient été suspendus en raison de troubles politiques actuels. «Chevron est une grande entreprise et nous sommes heureux de l’avoir ici avec nous en Algérie car elle apportera un savoir-faire et une expertise», a déclaré Abdelmoumen Ould Kaddour à Reuters. La semaine dernière, Chevron a annoncé son intention d’acheter 33 milliards de dollars au producteur de schiste Anadarko Petroleum Corp. Il s’agit de la plus grande entreprise étrangère en termes de production de pétrole en Algérie, avec près de 260 000 barils par jour. La production de pétrole de l’Algérie est estimée à environ 1 million de barils par jour, celle de gaz à 135 milliards de mètres cubes par an, selon les chiffres de la Sonatrach. D’une pierre deux coups. Tout en annonçant les entretiens à venir avec Chevron, le patron de Sonatrach a tenu à rassurer également que les négociations avec les autres majors sont toujours en cours pour la finalisation de certains projets de partenariat, notamment avec certaines firmes pour la création d’une joint-venture spécialisée dans le négoce international. Abdelmoumen Ould Kaddour a, ainsi, démenti la rumeur que les pourparlers s’étaient arrêtés en raison des manifestations de masse qui secouent l’Algérie depuis le 22 février. «Non, nous sommes toujours en train de négocier, et nous pourrions avoir un accord bientôt», a-t-il déclaré à Reuters, sans donner de délai. En février, peu avant le début des évènements politiques qui secouent le pays, Abdelmoumen Ould Kaddour a déclaré que la Sonatrach avait présélectionné quatre entreprises, dont une pour faire aboutir le projet de joint-venture dans le domaine du négoce international. Il a, par la même occasion, nié que Sonatrach avait soumissionné pour le rachat d’une partie de Hellenic Petroleum, l’une des plus grandes raffineries de Grèce. Il y a quelques jours, les autorités grecques ont annoncé l’ajournement de la vente de 50,1% de leur raffineur Hellenic Petroleum. Le groupe Sonatrach avait soumissionné à cette cession d’actif dans le cadre d’un consortium avec Vitol. Les deux consortiums soumissionnaires, Sonatrach-Vitol et Glencore-CIEP en l’occurrence, n’ont pas présenté une offre ferme, ce qui a conduit l’agence grecque de privatisation à l’ajournement de l’opération qui portait sur une participation de 50,1% dans Hellenic Petroleum, d’une valeur d’environ 1,5 milliard de dollars. Aucune offre contraignante n’a été soumise pour la prise de participation majoritaire dans Hellenic Petroleum, le plus important raffineur de pétrole de Grèce, ont indiqué à Reuters des responsables de l’agence de privatisation grecque. Cette institution, chargée de la gestion des cessions d’actifs de l’Etat grec depuis 2010, a cité les quatre soumissionnaires, dont Sonatrach, mais précisé que le manque d’offres était «dû à des raisons liées aux parties présélectionnées et aux récents développements de l’environnement international qui affecte les consortiums».n