Reporters : Des centaines de travailleurs et de syndicalistes ont tenu, hier, un sit-in devant le siège de l’UGTA pour demander notamment le départ du secrétaire général Abdelmadjid Sidi-Saïd. Comment voyez-vous ce mouvement syndical ?
Noureddine Bouderba : Ce «Hirak» a été entrepris par des milliers de personnes et non pas des centaines comme vous l’avez dit. Il reflète les aspirations des travailleurs pour se réapproprier l’UGTA du fait que nous sommes actuellement à la croisée des chemins. D’abord, les travailleurs ont un engagement à l’égard de la transformation démocratique actuelle où l’Etat démocrate ne peut pas être dissociable de la question sociale, d’autant plus que les travailleurs entendent beaucoup de choses sur les questions liées aux entreprises et les marchés économiques. Les travailleurs veulent aussi réellement s’exprimer et c’est pour cela qu’ils veulent cette réappropriation de l’UGTA qui a été entre les mains de l’Oligarchie pendant vingt ans.

A propos de réappropriation, quels sont les chantiers les plus urgents à entreprendre pour atteindre cet objectif ?
Certains membres de l’UGTA, qui représentent une partie des structures de cette organisation, veulent juste sacrifier Sidi-Saïd, mais les travailleurs veulent récupérer entièrement cette organisation syndicale. Pour y arriver, les travailleurs veulent que le prochain congrès extraordinaire de la centrale syndicale soit préparé par des personnes qui puissent détenir un mandat de la base elle-même. Pour l’instant, je peux vous assurer qu’il y a un refus total pour que ce congrès soit un congrès de structures, cet évènement doit être entièrement préparé par la base.

Quelles sont les raisons d’un tel refus ?
La plupart des structures qui dépendent de l’UGTA sont dirigées par des personnes indésirables, le congrès qui doit se tenir doit avoir la confiance de la base. Nous voulons qu’il soit tenu à la fin de l’année en cours avec l’adoption d’une commission qui soit issue du « Hirak » syndical lui-même. Cette commission aura pour mission de préparer le congrès et exprimer la volonté des travailleurs et de syndicalistes de la base.

Est-ce le seul dossier à l’ordre du jour ?

Ça reste le dossier le plus important, mais je dois dire que le deuxième point réside dans le fait que nous devons exprimer notre adhésion au « Hirak » national, et ce, dans un sens qui concrétisera un système où les deux questions démocratique et sociale resteront indissociables.

Qu’en est-il des syndicats autonomes ?
La présence importante des travailleurs et des syndicalistes de plusieurs wilayas, que nous avons vus lors de ce sit-in, témoigne de cette aspiration qui existe chez eux, non seulement pour la réappropriation de l’UGTA mais, aussi, pour relancer son rôle sur la scène nationale. Pour ce qui est des syndicats autonomes, il faut dire que certains nous ont soutenus dans ce « Hirak » syndical. La relation entre tous ces syndicats n’est pas basée sur la rivalité mais sur la complémentarité.<