Le dramaturge et écrivain Aziz Chouaki est décédé, mardi, en région parisienne à l’âge de 67 ans, des suites «d’un arrêt cardiaque», a indiqué l’AFP. Auteur prolixe d’une œuvre foisonnante, plusieurs fois adaptée au théâtre et même au cinéma (Rachid Benhadj a porté à l’écran son célèbre roman «L’Etoile d’Alger»), Aziz Chouaki est né le 17 août 1951 à Tizi Rached (Tizi-Ouzou), dans une famille d’instituteurs.

Khedidja Aras

Son grand-père était «le premier instituteur musulman sorti de l’Ecole normale supérieure et cité par Albert Camus dans un de ses livres», souligne RFI (Radio France Internationale), qui a été la première, mardi, à annoncer la terrible nouvelle. Il s’installe à Alger avec sa famille et grandit à El-Harrach, où il fait des études secondaires au lycée Abane-Ramdane puis l’Université d’Alger où il obtient une licence d’anglais. «Il entame un master sur «Ulysse» de [James] Joyce qui marquera son écriture mais il ne terminera pas sa thèse». Aziz Chouaki enseignera l’anglais dans un centre de formation (Le CERI : 1984-1985) puis à l’université d’Alger (1986). Parallèlement à ses études et à son parcours d’écrivain, Aziz Chouaki était également musicien. Devenu «acteur majeur du milieu du rock algérois», il a été guitariste. «Directeur artistique du club de musique Triangle, à Riadh El Feth, jusqu’à son départ en France» en 1991, l’auteur de «Baya» (premier roman paru en 1989), écrit pour le théâtre  «Antinéa» (1993), «Les Oranges» (1997), publié dans la collection de poche Mille et Une Nuits, en 1998, «Les Coloniaux» (2009), «Nénesse» (2018)» et pour la radio [«Fruits de mer» (nouvelles, 1994, Radio Suisse Romande), «Brisants de mémoire» (dramatiques, 1996, France Culture)», et cela, «sans rompre avec les cafés théâtres». En 2016, Aziz Chouaki a participé au collectif «Les Années Boum», paru aux éditions Chihab et réalisé sous la direction de l’écrivain et dramaturge Mohamed Kacimi. Ce dernier a écrit, hier, sur son compte facebook, un long texte dans lequel il revient sur le parcours de son ami. «Artiste jusqu’au bout, et farceur devant l’éternel, l’ami Aziz Chouaki a choisi de s’éteindre au moment où Notre-Dame prenait feu. Musicien, romancier, poète, Aziz se servait de la langue française comme un artificier, il en faisait jaillir des gerbes incroyables…», souligne Mohamed Kacimi. D’autres personnalités du monde de la littérature et de la musique lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux et dit le vide immense qu’il laisse derrière lui, et ce, à la suite de l’annonce de son décès. Le journaliste et écrivain Mustapha Benfodil a écrit sur son compte facebook, «MONSIEUR Aziz Chouaki nous a quittés brutalement. Vide immense… Aziz Chouaki, une langue unique, incomparable ; subtil mélange de Joyce, de Jazz et de Chaâbi. Il n’avait pas son pareil pour raconter Alger… Repose en paix grand frère. Tu garderas pour toujours une place particulière dans ma bibliothèque affective». De son côté, le compositeur Safy Boutella a tenu à rendre hommage à son ami, «compagnon de route depuis 30 ans» : «L’Algérie perd là un de ses meilleurs fils. Nous ne t’oublierons jamais», écrit-il.

Sources : Réseaux sociaux, «Petite encyclopédie de l’Algérie» d’Achour Cheurfi (éditions Dalimen).