L’opposition a réagi instantanément, hier, à la démission de Tayeb Belaïz de la présidence du Conseil constitutionnel. Il s’agit pour les partis et les personnalités de l’opposition d’un pas important en avant, voire une nouvelle bataille gagnée par le peuple, qui manifeste depuis le 22 février contre le régime. Toutefois, la guerre n’est pas finie et la vigilance doit redoubler pour éviter une contre-révolution, estime une partie de l’opposition. En marge d’une conférence-débat, organisée par le forum du journal arabophone El Hiwar, Ali Ghediri, l’ex-général major et candidat à la prochaine élection présidentielle, a salué la démission du président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaïz. «C’est la meilleure décision qu’il peut prendre en ce moment », a-t-il déclaré, affirmant que « la démission de Belaïz est dans l’intérêt du pays». De son côté, le président de Talaâ El Hourriyet, Ali Benflis, a indiqué que cette démission représente une réponse encore partielle à la demande populaire massive du départ des figures emblématiques du régime politique qu’elle a nommément identifiées. Dans le même temps, cette démission constitue un début de la mise en œuvre des articles 7 et 8 en complément de l’article 102 de la Constitution. « Après la démission de l’architecte du régime politique, qui a sévi dans notre pays ces vingt dernières années, c’est un mur de l’édifice de ce régime qui s’effondre». «Le peuple attend que disparaissent les autres murs qui sont encore en place. Il s’agit de la Présidence de l’Etat, du Gouvernement et de l’Assemblée populaire nationale». Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a qualifié, dans un communiqué, le départ de Belaïz d’un pas important et d’un acquis pour le mouvement populaire. Toutefois, le parti appelle à son remplacement par une personne jouissant de la confiance. Pour le MSP, cette démarche doit être suivie par le changement de gouvernement et la démission du chef de l’Etat ainsi que par l’ouverture de larges consultations politiques en vue des remplacer. Dans le même sens, le Front des forces socialistes (FFS) a qualifié la démission de Tayeb Belaïz de «bataille remportée». «La formidable mobilisation citoyenne vient de remporter une autre bataille. Elle vient de ‘briser’ une autre façade du système politique algérien, incarnée par le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaïz», écrit le FFS dans un communiqué. Le Front des forces socialistes félicite le vaillant peuple algérien pour sa détermination et son courage. « Car, face aux assauts violents et répressifs du pouvoir, les Algériennes et les Algériens ont su et pu maintenir le cap en persévérant dans leur combat pacifique pour imposer un changement radical du régime algérien totalitaire ». Pour sa part, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Mme Louiza Hanoune, a estimé que cette démarche est nécessaire tout en demeurant insuffisante si elle n’est pas complétée par d’autres démarches, dont le départ du Premier ministre Noureddine Beboui et du chef de l’Etat, Abdekkader Bensalah. Poursuivant sa réaction, Hanoune met en garde contre une contre-révolution notamment depuis l’interdiction de certaines marches à Alger et le traitement inhumain subi par certaines manifestantes dans les locaux de la police à Baraki à Alger. Pour Hanoune, interdire aux manifestants d’accéder à la capitale et la répression de la marche des étudiants la semaine dernière constituent de mauvais signes. Toujours sur les réactions de classe, le militant des droits de l’Homme, Mokrane Aït Larbi, a publié une vidéo pour dire que la démission de Tayeb Belaïz est une autre pierre de l’édifice du régime qui tombe. En revanche, il appelle à la poursuite de la mobilisation pour faire tomber tout le régime et entamer la construction de la nouvelle Algérie. Celle des libertés et des droits de l’Homme. Pour réussir cette construction, il appelle l’Armée à se contenter du rôle de protecteur. n