L’opération de révision exceptionnelle des listes électorales, en prévision de l’élection présidentielle du 4 juillet prochain, a commencé hier pour se poursuivre jusqu’au 23 avril courant.
Cette opération concerne, faut-il le rappeler, tous les citoyens et citoyennes non inscrits sur les listes électorales et âgés de 18 ans révolus le jour du scrutin, soit le 4 juillet 2019, à demander leur inscription sur la liste électorale de la commune de résidence.
Indicateur du degré d’intérêt que pourrait porter le citoyen à une joute électorale, quelle qu’en soit la nature, la révision des listes électorales se trouve, dans le cas précis du scrutin du 4 juillet, irrémédiablement vouée à un échec cuisant qui viendrait témoigner encore du peu reluisant capital estime populaire dont jouissent les responsables actuellement à la tête des institutions chargées de préparer le 4 juillet. Hérités de l’ère Bouteflika, ces derniers sont déclarés persona non grata chez le peuple qui maintient toujours la protesta intacte pour les pousser vers la sortie. C’est ce qui est advenu d’ailleurs, hier, avec la démission du président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaïz, un des «4B» qui se trouvait dans le viseur de la rue et ses slogans hostiles. Mais cette démission s’avère insuffisante pour des contestataires qui réclament, également, le départ du chef de l’Etat par intérim, du chef du gouvernement et du président de l’APN.
De ce fait, la révision des listes électorales a débuté hier, alors que la date du 4 juillet semble s’éloigner de plus en plus, aussi bien de l’intérêt du peuple et des partis politiques de l’opposition, que de celui des magistrats et autres élus locaux, pour leur part, directement impliqué dans le processus électoral. Dans le cas de ces derniers, bien plus que l’absence d’intérêt, c’est une fièvre du rejet de l’élection qui est en train d’être constatée à travers le refus de nombreux P/APC à participer à l’organisation du scrutin. Ce qui signifie ni plus ni moins que la révision des listes électorales convoquées par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales ne pourrait avoir lieu au niveau de ces APC réfractaires.
Lundi, à la veille de l’ouverture de cette opération, l’option de bouder toutes la préparation et l’organisation de la très contestée élection présidentielle avait été annoncée par une cinquantaine de P/APC, issus notamment du RCD et du FFS. Mais pas que ces deux formations politiques, puisque le parti El Adala s’est, lui aussi, inscrit dans cette logique de fermer au processus électoral les bureaux des APC qu’il dirige. Le parti de Abdallah Djaballah a, dans ce sens, donné instruction à ses élus locaux, au nombre de dix, de faire l’impasse sur toutes les opérations en relation avec le rendez-vous du 4 juillet. n