Le «Petit Prince» est revenu à Constantine en ce 16 avril. Saint Exupéry a été ressuscité, bien qu’il soit passé de vie à trépas, son œuvre le faisant passer à la postérité. Le 16 avril, Journée du savoir, coïncidant avec le décès de cheikh Abdelhamid Benbadis, a été comme chaque année fêtée à Constantine, mais, cette fois, dans une indifférence presque totale de la part de la population, qui a préféré battre le pavé que se battre contre l’ignorance

Média-Plus, avec Yassine Hannachi comme principal promoteur des actions culturelles de la Journée du savoir, n’a pas raté l’occasion pour mettre un jalon supplémentaire à un édifice culturel qui ne cesse de se lézarder.
«J’ai essayé de faire comme du temps de notre adolescence, nous dira notre interlocuteur. Le 16 avril a toujours été une fête à Constantine, pour qu’au fil des années, la routine ait enterré les espoirs et la culture avec. Je ne vous dirai pas que j’ai programmé l’action de Média-Plus. Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour marquer cette date symbole, puis le président d’une association culturelle s’est présenté à la librairie avec des enfants… et tilt». Le tilt a eu comme conséquence que Hannachi se souvienne du «Petit Prince» de Saint Exupéry, le livre du siècle, qu’il a eu l’honneur de rééditer en 1994. Il offrira le plus grand best-seller de l’histoire de la littérature aux têtes brunes qui se bousculaient dans sa modeste librairie.
Et c’est de là que commencera l’opération «Petit Prince» qui, de fil en aiguille et d’un réseau social à l’autre, fera le tour de la ville pour que d’autres lecteurs improbables se présentent à ladite librairie pour avoir «leur» exemplaire. Sur place, nous assisterons à un don de Yassine Hannachi au profit de l’orphelinat local, alors que d’autres personnes étaient ravies de l’aubaine d’avoir un livre à lire sans débourser.
«J’escompte offrir 100 exemplaires du ‘’Petit Prince’’. Je gagnerai 100 futurs lecteurs et une estime qui n’a pas de prix. Le conte du ‘’Petit Prince’’ est un rêve, et c’est ce que j’ai voulu offrir à une enfance qui ne rêve plus», nous dira Hannachi. «Comme en 1994 où j’ai offert un exemplaire fraîchement imprimé à l’enfant d’un ami très cher qui n’avait que trois ans. Un enfant qui est devenu un homme et qui prodigue lui aussi, maintenant, un savoir dans lequel se trouvent sûrement des embryons des lignes de l’œuvre de Saint Exupéry».
Rappelons que notre ami Yassine Hannachi, un « résistant » de la première heure de la chose culturelle, aussi bien à Constantine, qu’ailleurs, a aussi défrayé la chronique locale en organisant régulièrement des « commandos » culturels, comme « l’été en poche », « Thé et page nocturne », pendant les longues soirées de Ramadhan, les ventes-dédicaces, son « classique », et, plus récemment, « le café littéraire », en collaboration avec le Centre culturel français.