Lancement effectif du nouveau système d’information des Douanes en collaboration avec la Corée du Sud
Après un mémorandum d’entente et de partenariat, signé en décembre dernier, les Douanes algériennes ont annoncé, hier, le lancement effectif, en collaboration avec les Douanes sud-coréennes, du nouveau système d’information. Intervenant lors d’une journée d’information tenue à Alger, le directeur général des Douanes algériennes, Farouk Bahamid, indique que l’une des attentes de ce nouveau produit consiste à permettre une lutte efficace contre la fuite des capitaux et, par extension, d’autres phénomènes comme la corruption. Pour ce faire, il a fait part, en marge de cette rencontre, d’un rapport détaillé, préparé par les Douanes, et qui sera remis prochainement aux pouvoirs publics afin de prendre les mesures qui s’imposent. Recommandant des solutions structurelles et une lutte sans merci contre ce phénomène, M. Bahamid souligne que dans ledit rapport a été relevé la nécessité de voir d’autres administrations intervenir pour mieux contrôler les flux des capitaux. A ses yeux, les mesures nécessaires devront toucher à la création d’entreprises, à la domiciliation bancaire et l’octroi des avantages fiscaux. Annonçant dans cette optique la création d’un guichet unique, dans le cadre de ce nouveau système, le directeur général des Douanes assure que l’institution qu’il dirige continue à s’ériger en une force de proposition pour débusquer toute forme de fraude. Le guichet unique, poursuit-il, «permettra un échange de données informatiques entre tous les opérateurs du commerce international». Rebondissant sur le nouveau système d’information, l’orateur dira qu’il se décline sur plusieurs étapes et la première sera d’une durée de six mois. L’entrée en vigueur des premiers modules (15 en tout), explique Farouk Bahamid, «interviendra progressivement à compter du premier trimestre 2020, et le processus durera trois ans pour l’adoption définitive dudit système». Pour une meilleure réussite du projet, plus de 100 cadres des Douanes seront formés en Corée avec une durée de 20 jours chacun. Sur les attentes, M. Bahamid cite la réduction du délai de dédouanement et le coût de préparation des documents requis, une lutte efficace contre la fraude et la corruption, la garantie d’une transparence en matière de contrôle et de gestion des dossiers de dédouanement, ainsi que l’automatisation de l’activité douanière et la sécurisation des données. Aux questions des journalistes portant sur le choix du partenaire, M. Bahamid répond que ce choix s’est révélé «stratégique puisqu’il offre une solution éprouvée, permettant le transfert technologique via l’appropriation du code source et la formation des utilisateurs et de la ressource humaine chargée de la maintenance. Cette manière de faire garantira ainsi un gain de temps appréciable et un passage sûr vers la numérisation».
Quant à la mise en place du projet, Farouk Bahamid, optimiste, compte sur une «élite distinguée par un encadrement d’une moyenne d’âge sensiblement jeune» et consciente des enjeux futurs». « Ce système nous permettra d’accomplir notre mission de manière efficace en conformité avec les standards internationaux, répondre aux normes informatiques en vigueur, notamment celles inhérentes à la sécurité des systèmes d’information et l’échange électronique des données », a-t-il indiqué. Ecartant par ailleurs toute «interférence» avec le système informatique développé en interne, appelé Sigad, utilisé depuis 1995. Ce dernier est appelé tout simplement à disparaître sachant, comme le précise M. Bahamid, qu’ «il ne répond plus aux nouvelles exigences de l’administration des Douanes, encore moins aux attentes des usagers de la chaîne logistique du commerce extérieur».
Ces constats, en sus de pénaliser les opérateurs économiques, impactent négativement le climat des affaires et de l’investissement en Algérie». Pour justifier les contreperformances de l’ancien système, deux études étaient menées par les Douanes. La première, interne, ressort la discordance entre le processus de dédouanement décliné en six étapes dans le code des Douanes et la complexité de ce même processus dans la pratique. La seconde étude, avec la Banque mondiale, a fait ressortir un délai de dédouanement de 6, 5 jours, jugé «lent».n