Dans cet entretien, le directeur général des Douanes algériennes a assuré que le nouveau système informatique des Douanes qui va être mis en place garantira une transparence totale dans le dédouanement et permettra de lutter plus efficacement contre la fraude, la corruption et le transfert illicite de capitaux.

Reporters : Les Douanes algériennes viennent de lancer la mise en place d’un nouveau système informatique. Cela va-t-il contribuer à lutter plus efficacement contre la fraude, la corruption et, surtout, le transfert illicite de capitaux vers l’étranger qui fait, ces derniers temps, la une de l’actualité ?
Farouk Bahamid : Il faut savoir, tout d’abord, que si nous avons choisi la Corée du Sud pour la mise en place de ce nouveau système, c’est parce qu’elle est classée dans le top des meilleures administrations douanières dans le monde ces cinq dernières années. Elle est connue pour la transparence de son administration.
Ce qui atteste de l’efficacité de ce système dans la lutte contre la corruption, la fraude et les transferts illicites. Les Sud-Coréens, en outre, ont connu les mêmes problèmes que nous dans la lutte contre ces fléaux.
C’est l’autre raison pour laquelle nous avons choisi ce pays. D’autant plus que la Corée du Sud nous permet l’appropriation du code source du système, ce qui va nous permettre de rester indépendant dans sa gestion et sa maintenance. La mise en œuvre sera effective à partir du premier trimestre de l’année prochaine. Les premiers modules seront introduits progressivement sur une durée de trois ans, tandis, qu’en parallèle, ceux de l’ancien système seront mis en retrait au fur et à mesure. Une quinzaine d’équipes algéro-coréennes œuvrent actuellement pour la mise en place de ce système et veillent à l’adapter à notre environnement. Plus d’une centaine d’ingénieurs et utilisateurs de ce système seront formés en Corée du Sud. Ainsi nous irons plus facilement vers le guichet unique tant espéré par les opérateurs du commerce extérieur.

Que fait actuellement la direction des Douanes dans le cadre de la lutte contre le transfert illicite des capitaux ?
Nous avons procédé, il y a quelques mois, à la mise en place d’une commission pour lutter plus efficacement contre le transfert illicite de capitaux ainsi que contre la corruption et la fraude. Ce qu’il nous faut, en fait, ce ne sont pas des mesures conjoncturelles mais des solutions en profondeur.
Mais je tiens à rappeler, cela dit, que la lutte contre ces fléaux ne concerne pas uniquement les Douanes. Ces derniers sont tout au bout de la chaîne en matière de lutte.
Pour notre part, nous allons remettre un rapport détaillé sur ces questions aux institutions concernées, et étant une force de proposition, nous allons leur faire part de certaines recommandations douanières ainsi que des mesures à prendre en amont au processus de dédouanement, en rapport notamment avec la domiciliation bancaire et la création d’entreprise.