Le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, a décidé de quitter son poste. Cette décision, quoique très attendue au vu des réclamations du peuple, ajoute une pièce au puzzle et annonce de nouveaux développements pour les tout prochains jours. Il est certain que cette décision sera suivie par d’autres. A bien lire le discours du vice-ministre de la Défense nationale, en visite depuis deux jours dans le Sud du pays, la solution à la crise ne sera pas confinée dans son volet «légal». Il en ressort, à bien des égards, un engagement de la part du général de corps d’armée, à accompagner la demande de changement exigée par le peuple par «toutes les perspectives possibles» et qui restent «ouvertes», afin de «surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais». La sortie d’Ahmed Gaïd Salah n’est pas négligeable dans cette situation. Il avise sur l’intention d’amorcer le changement par la voie constitutionnelle, avec l’application de l’article 102, mais aussi par une voie politique qui permettra d’«accompagner la phase de transition», tout en soulignant la nécessité de «suivre la voie de la sagesse et de la patience». Il était clair dès le début du mouvement que la solution «constitutionnelle» à la crise n’aboutirait pas à la satisfaction entière des exigences de la rue, d’où le fait que «la situation prévalant au début de cette transition est exceptionnelle et complexe». Il y a lieu, cependant, de conjuguer ce «respect» de la Constitution à «des efforts de tous les patriotes dévoués en vue de sortir indemne de cette épreuve». Dans ce cas de figure, c’est la solution politique qui devient inévitable et s’impose d’elle-même. Le discours d’Ahmed Gaïd Salah est politique. Ses orientations ne peuvent être considérées que comme tel. Réaffirmer que «la situation ne peut perdurer davantage, vu que le temps nous est compté», afin de mettre sur pied «un Etat où chaque citoyen trouve sa place naturelle et ses espoirs mérités», le vice-ministre de la Défense s’aligne définitivement sur la position de la rue et s’engage à faire des revendications du peuple son cheval de bataille. En résumé, il conjugue la solution constitutionnelle avec des appoints politiques. Seuls à même de garantir un aboutissement sûr «aux revendications légitimes» du peuple.