L’Actualité politique algérienne s’est invitée, avant-hier, à la conférence de presse de la présentation du 14e Festival international du film oriental de Genève (Fifog), qui se déroulera du 29 avril au 5 mai prochain à Genève. La conférence a été animée par la présidente du Fifog Salika Wenger, Tahar Houchi, fondateur, directeur général et artistique, et Alba Bianda, enseignante et responsable du programme pédagogique. Lors de cette rencontre avec les médias, Tahar Houchi a tenu à saluer « ce vent de liberté qui s’abat au Soudan, en Algérie et au Mali, parce que cela est aussi salutaire pour l’art, en général, et au cinéma, en particulier». Il a ajouté : « Nous saluons ce vent de liberté parce qu’il y a deux particularités que nous, de l’Occident, on doit voir. Dans un premier temps, c’est le pacifisme dans lequel les choses se déroulent au Soudan où un Président est tombé grâce à un mouvement pacifiste, et en Algérie, nous assistons au même scénario. » En soulignant que le deuxième point, qui « n’est pas des moindres », est la présence des femmes. « Nous avons constaté que le symbole de la lutte au Soudan est une femme, et en Algérie, il y en a plusieurs ». Il met également en exergue l’importance de la manifestation genevoise à faire découvrir des réalisateurs et leurs œuvres qui ne sont pas forcément visibles et ainsi contribuer à « leur donner du courage, afin que la liberté soit toujours aux rendez-vous».
« Eloge de
la différence »
A propos de l’affiche de cette édition, placée sous le signe de «l’éloge de la différence», Tahar Houchi explique que la scène est extraite du nouveau long métrage marocain « Razzia», de Nabil Ayyouche. Un film qui parle d’un Maroc pluriel dans toutes ses composantes sociale, linguistique et politique. Et on ne peut pas trouver mieux qu’un film pour présenter l’éloge de la différence.
Il explique, que cette photo est extraite d’une scène du film. Cette femme dans cette scène a été agressée verbalement parce qu’elle a osé s’afficher tel qu’elle le fait. Elle s’est imposée et elle a continué à marcher». En commentant que «c’est l’une des différences qui manque le plus en Orient, et donc, c’est dans l’ordre des choses que l’on a choisi cette image ».
Pour sa part, la présidente du festival précise à propos du choix de l’affiche, que «cette année, c’est l’année de la grève des femmes, et il n’était pas inutile de montrer que les femmes ont un certain pouvoir.
Elles vont le montrer d’une manière directe le 14 juin prochain. Et avoir une affiche sur le cinéma oriental avec une femme, c’est rappeler que là-bas aussi, même si les femmes ont effectivement des difficultés, elles ont aussi un pouvoir, et cela est aussi important ». Le président d’honneur du festival, Tahar Ben Jelloun, écrivain et membre de l’Académie Goncourt, écrit pour sa part : «Faire l’éloge de la différence revient simplement à dire : vivez avec et non contre les autres ! (…) Le cinéma va loin dans cette évidence. Il nous permet d’accéder à l’amour, à l’amitié, à la connaissance, au savoir et aux rêves. » Egalement au programme du 14e Fifog, quatre grandes rencontres-débats avec le public : «Quel impact du printemps arabe sur la création artistique ?», «Quels droits pour les personnes LGBT au Maghreb ?», «Où va l’Algérie ?» et «Le dialogue entre Palestiniens et colons est-il possible ?» La rencontre «Algérie, un avenir à inventer ?» a pour objectif la mise en avant du dynamisme et de la lutte des jeunes Algériens pour leur liberté. A cette occasion, sera projeté le film suisse «Babor Casanova» de Karim Sayad, qui aborde l’ambiance des stades où est née la révolte populaire, avant qu’elle ne soit portée dans la rue à travers notamment la fameuse chanson «Casa d’El-Mouradia».
La projection sera suivie par un débat en présence de deux personnalités marquantes de ce mouvement populaire, l’avocat Bouchachi et Zoubida Assoul, qui partageront leur expérience et exposeront leur expertise sur le sujet.
Le Directeur général du Festival estime à propos de l’organisation de ces débats que «nous ne sommes que des facilitateurs et un relais pour faire passer les idées». Il est aussi prévu dans le cadre des activités, en marge des projections cinématographiques, une conférence animée par une association berbère installée à Genève sur la célébration du 39e anniversaire du Printemps berbère et la répression féroce qui s’ensuivit le 20 avril 1980 en Algérie.
Plusieurs œuvres algériennes
à l’affiche
Concernant le volet cinématographique, plusieurs films algériens, dont le long métrage plusieurs fois primé «Jusqu’à la fin des temps» de Yasmine Chouikh». Il est également prévu la projection du mythique « Bab el Oued City» de Merzak Allouache.
Dans la catégorie des documentaire sera également projeté «JSK 1946-1996, joyeuse saga des Canaris», de Abderrazak Larbi Cherif, et le documentaire «L’islam de mon enfance» de Nadia Zouaoui. Une série de courts métrages algériens sera également projetée, à l’instar de «Timoura» (Territoire) d’Azzedine Kasri, «Point Zero» de Nassim Boumaïza, «Elle nous regarde» de Lyna Zerrouki, et «Battle Fields» d’Anouar Smaïn.
Pour la compétition de cette 14e édition, il s’agit de 34 films en compétition : 8 documentaires, 13 courts-métrages, 7 longs-métrages et 6 films en Compétition critique. Plus d’une trentaine de pays participent à l’édition 2019 du Fifog, dont l’Algérie mais, également, l’Afghanistan, l’Allemagne, la Belgique, l’Egypte, les Etats-Unis, la France, la Finlande, la Grèce, les Pays-Bas, l’Irak, l’Iran, le Liban, le Maroc, la Palestine, le Qatar, la République Tchèque, la Tunisie, la Turquie, la Suisse, le Vietnam, la Thaïlande, Oman, la Syrie, le Portugal, le Kenya, le Canada, les Emirats arabes unis et Bahreïn.n