La nouvelle ministre de la Culture, Meriem Merdaci, a effectué, hier matin, une visite en catimini dans la wilaya de Tipasa qui l’a menée au parc archéologique, à la villa Angelvy et au Centre arabe d’archéologie, avant de prendre part à un déjeuner offert en son honneur par le wali, Mohamed Bouchemma.
La tournée de la ministre, menée au pas de course, a pris fin à 11h30 mn, avant une halte au siège de la wilaya pour s’attarder et deviser autour d’un déjeuner. Comme cela s’est fait, d’ailleurs, la semaine dernière par son collègue des Ressources en eau, dont la venue a été gardée secrète jusqu’à son départ.
Comme au bon vieux temps du parti unique, seuls les représentants de l’APS et de la Radio locale – ceux de la Télévision publique faisaient partie de la délégation venue d’Alger – étaient conviés à la visite à la dernière minute de peur que l’information ne s’ébruite et que les citoyens ne réservent le même accueil de rejet à la représentante du gouvernement, fort décrié par le peuple et qui l’a signifié dans ses marches hebdomadaires. Comme dit le proverbe : «On chasse le naturel il revient au galop». Les responsables de la wilaya semblaient soulagés de ne plus s’encombrer de la présence des autres représentants de la presse locale, en particulier le wali, qui faisait, il y a peu de temps, les yeux doux à la presse locale – en prévision de l’élection présidentielle reportée –, en faisant savoir à ses représentants que sa porte leur était grande ouverte et qu’il les rencontrerait tous les jeudis pour faire le point ensemble sur la situation dans la wilaya. Ces derniers n’auront même pas à attendre que la cellule de communication les appelle étant donné qu’ils étaient les invités du wali. Comme dirait quelqu’un, les masques sont vite tombés et les attitudes et discours ont changé depuis que le Président n’est plus candidat.
Il s’agit de la deuxième visite d’un ministre du gouvernement Bedoui à se dérouler en cachette et à huis clos, puisque la semaine dernière, seule la Télévision a été conviée à couvrir la visite du ministre des Ressources en eau, qui s’est rendu dans la daïra de Bou Ismaïl pour s’enquérir, entre autres, de la situation du projet de Step (Station de traitement et d’épuration des eaux usées) qui est en voie d’achèvement.
La délégation, qui accompagnait la ministre de la Culture hier, était réduite à sa plus simple expression, à savoir les responsables des services de sécurité, le P/APW, le P/APC de Tipasa et les chargés du protocole. Selon des indiscrétions, des personnes présentes sur les lieux de la visite, les responsables faisaient une tête d’enterrement et les policiers étaient sur les dents de crainte, probablement, que des citoyens n’apprennent la visite de la délégation ministérielle et ne réagisse en coupant la route ou en la pourchassant, comme cela s’est déroulé dans les wilayas de Bechar et de Tébessa.
La visite n’a pas été médiatisée, contrairement à ce qui se faisait habituellement. Le responsable de la cellule de communication ne disposait même pas du programme de la visite et semblait même ignorer l’événement.