Le président de la Confédération générale autonome des travailleurs algériens (Cgata), Rachid Malaoui, a estimé hier que «les 4B (Bensalah, Belaïz, Bedoui, Bouchareb, ndlr) démissionneront tôt ou tard» car, a-t-il expliqué, «personne ne résistera au peuple».
De plus, «rien ne peut se faire sans la volonté du peuple», a-t-il affirmé lors d’une conférence-débat organisée par notre confrère Le Courrier d’Algérie, sous le thème «Transition en
Algérie : par qui et par quels mécanisme ? ». Pour le cas précis de Abdelkader Bensalah, président de l’Etat par intérim, M. Malaoui dira que ce dernier «s’est trahi» lorsqu’il a déclaré, le jour de son installation, qu’il allait démissionner le 8 juillet. «Cela veut dire qu’il est d’ores et déjà certain qu’il n’y aura pas de second tour aux élections», relève le président de la Cgata, rappelant néanmoins que cette élection «n’aura pas lieu tel qu’elle est programmée par le pouvoir en place ».
Le chemin vers un scrutin présidentiel passe par une «période de transition sous l’égide d’une assemblée constituante», a plaidé l’invité du Courrier d’Algérie, estimant que «nous ne pouvons pas aller loin avec une Constitution qui ne garantit pas les droits». S’inscrivant contre l’option d’aller directement vers l’élection, M. Malaoui rappellera qu’il a déjà appelé tous les travailleurs à la boycotter. «On n’est pas pressé d’avoir un président et personne ne votera», poursuit-il. Avant d’interpeller le chef d’état-major de l’ANP qui, considère-t-il, devrait «faire aboutir les revendications du peuple et pousser les personnes visées à démissionner de leurs postes». Dans le cas contraire, «nous allons appeler à une grève générale d’une journée de tous les établissements et entreprises, publics et privés», menacera le président de la Cgata. A propos des appels anonymes à des grèves, le syndicaliste se dit contre cette méthode et qu’il préfère «une grève générale, bien organisée et pilotée».
Interrogé sur le mode de fonctionnement actuel au sein des syndicats,
M. Malaoui soutient que «les travailleurs dans tous les secteurs doivent choisir leurs vrais représentants». Des gens «qui défendent les droits des travailleurs et non pas les droits des patrons», précisera-t-il.