Le mouvement Mouwatana né du refus du projet d’un 5e mandat de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, entend poursuivre ses actions dans le nouveau contexte politique de revendication d’un changement du système politique dans le pays et ouvrir ses portes à d’autres militants.
Ainsi, il est prévu que ce mouvement, créé aussi pour faire valoir l’esprit et la culture de la citoyenneté, d’où sa dénomination en arabe, organise durant la journée de samedi prochain une initiative du genre «portes ouvertes» afin de mieux faire connaître ses activités et les renforcer par de nouvelles recrues. Cette action, d’après nos sources, est prévue à El Biar, l’endroit exact n’est pas encore connu. Elle consistera à animer une conférence-débat ainsi que des activités dont l’objectif est de «se rapprocher davantage» des citoyens.
L’enjeu, lui, est de poursuivre, ce qui est depuis le début des manifestations, l’exigence d’un changement de système, et construire un véritable tissu ou réseau de la société civile pour porter le débat et la revendication d’une transformation démocratique réelle de l’Algérie.
L’initiative coïncidera avec l’anniversaire du « Printemps berbère » du 20 avril 1980. Elle représente une action politique et associative « louable », selon des observateurs, qui estiment que cette journée « portes ouvertes » sera une autre occasion pour donner jour à de nouveaux cadres d’expression pour la revendication démocratique dans le pays, un lieu de mobilisation à l’instar de ceux qui existent déjà ou sur le point d’éclore au vu des nombreuses initiatives annoncées.
Pour rappel, le mouvement Mouwatana a émergé sur la scène nationale en juin 2018 par un appel à l’ex-chef de l’Etat, M. Bouteflika, à renoncer à briguer un 5e mandat. Une intention qui lui fut fatale et qui s’est terminée par une démission le 2 avril dernier. Récemment, le mouvement a vu le retrait, considéré comme «regrettable», d’un de ses membres fondateurs, Soufiane Djilali, leader de Jil Jadid, qui a annoncé préférer se consacrer à son parti, alors qu’il était considéré comme une «force de frappe» du mouvement, dont la réunion constitutive s’est tenue d’ailleurs dans les locaux de sa formation. Avant cela, le mouvement Mouwatana, dont la dénomination précise en français est « citoyenneté-démocratie », a connu des soubresauts à la suite de la décision de son porte-parole, la juriste et avocate Zoubida Assoul, de rejoindre le staff électoral de l’ex-général Ali Ghediri, en février dernier, avant de juger au nom de son parti, l’UCP, utile de le lâcher au mois de mars d’après.
Hier, Reporters a appris que Ali Benouari, ancien membre de Mouwatana, a lui aussi décidé de quitter le mouvement pour «se consacrer à son parti» Nida El Watan (non encore agréé) et «lui donner du poids» sur le nouvel échiquier politique national.
M. K.