par Fazil Asmar
L’Association de protection et d’orientation des consommateurs et de l’environnement (Apoce) déplore que les fruits et légumes fassent l’objet, depuis quelques jours, d’une hausse des prix au niveau national. «Depuis que les agriculteurs ont annoncé une production agricole importante pour cette année, nos équipes suivent attentivement la mercuriale sur le territoire national. C’est ainsi que nous avons constaté, qu’en dépit d’une abondance de fruits et légumes, les prix de ces produits font l’objet ces derniers temps d’une légère hausse», souligne le président de l’Apoce, Mustapha Zebdi, assurant que rien ne justifie cette augmentation. De même, poursuit-il, qu’une hausse dans les prix des produits alimentaires ne peut être justifiée par le manque de disponibilité de produits alimentaires sur le marché national depuis que les transporteurs de marchandises ont réduit, ces derniers temps, leurs activités. «Nous avons constaté que les transporteurs, depuis l’amorce des marches populaires, ont réduit leurs déplacements. Ceux qui effectuaient des tournées régulièrement dans plusieurs wilayas pour alimenter les commerçants détaillants ne le font que sur commande. Cela a entraîné un certain manque de disponibilité de certains produits alimentaires. Mais ce manque demeure léger et sans grande conséquence sur les consommateurs», relève-t-il. D’ailleurs, précise-t-il, les consommateurs se sont plaints de la hausse des prix des fruits et légumes mais n’ont évoqué, en aucun cas, un déficit ou une pénurie d’un produit alimentaire. Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (Ancaa), Hadj-Tahar Boulenouar, a signalé, également, une baisse de la demande des commerçants de détails et une réticence de la part des transporteurs à acheminer les marchandises vers l’intérieur du pays surtout en raison des marches populaires. «Les transporteurs ont réduit leurs voyages et le volume des marchandises à transporter à cause des marches populaires, surtout celles qui ne sont pas annoncées. Ces dernières occasionnent des encombrements qui font perdre du temps et de l’argent aux transporteurs», explique-t-il. Ainsi, ceux qui effectuaient plusieurs voyages par jour ont réduit leurs déplacements de moitié. «Ceux qui acceptent d’effectuer plusieurs voyages par jour exigent des dédommagements, allant jusqu’à
5 000 DA», confie Boulenouar. Le problème de transport se pose avec plus d’acuité au niveau de la capitale, selon lui, en raison des marches qui se déroulent durant les jours de semaine, en plus de celles du vendredi. «Les transporteurs refusent d’acheminer la marchandise d’une commune à une autre dans la capitale quand les marches se tiennent à Alger. Ce qui affecte quelque peu la disponibilité. Les commerçants, aussi, parfois, préfèrent fermer leurs commerces quand il y a des marches. Surtout ceux qui habitent loin de leurs locaux», indique-t-il, assurant, toutefois, qu’en dépit de cette situation, le marché national de produits alimentaires reste gérable.