Le premier secrétaire national du FFS, qui a annoncé samedi sa démission, est revenu sur sa décision. Hier, il a annoncé qu’il restera toujours à son poste.
La crise au sein du FFS se corse et se complique. La décision de Belahcel de revenir sur sa démission a été précédée par l’annonce d’Ali Laskri de son refus d’accepter cette même démission. Dans son communiqué, Hakim Belahcel, pour justifier sa volte-face, a fait référence au rejet de sa démission par «la majorité des membres de l’instance présidentielle», à « la forte sollicitation de la majorité des membres du conseil national du parti, par respect aux demandes pressantes de beaucoup d’anciens militants de 1963 et aussi face à mon refus catégorique d’engager le FFS dans des processus anti-statutaires et illégitimes». «J’ai décidé donc, avec beaucoup de lucidité et de responsabilité, de renoncer à ma démission du poste de premier secrétaire national du FFS», a-t-il souligné, s’engageant «de ne pas épargner le moindre effort pour rassembler la famille du FFS ». Il a invité, à l’occasion, « les cadres et les militants du parti à conjuguer leurs efforts dans l’intérêt du FFS, du peuple et du pays ». Il faut rappeler que Hakim Belahcel a remis sa démission samedi dernier, le jour de l’occupation du siège national par les militants qui ont fini par expulser Ali Laskri. Cette occupation des lieux a été suivie par la tenue d’un conseil national extraordinaire devant lequel le même Belahcel a lu et remis sa lettre de démission.
Contacté, Sofiane Chioukh, membre de l’Instance présidentielle, a indiqué qu’il n’est nullement surpris par l’annonce faite par Hakim Belahcel. « Cela fait partie de leur pratique », a-t-il dit, dans une allusion aux trois autres membres de l’Instance présidentielle, à savoir Ali Laskri, Mohand-Amokrane Cherifi et Brahim Meziani. Il a rappelé, à ce propos, que Hakim Belahcel « a lu sa démission devant les membres du dernier conseil national tenu au siège national». Il a ajouté que durant la même session, «Hakim Belahcel a été nommé au sein d’une commission de transition sous la direction de son coordinateur Mehenni Haddadou, P/APW de Béjaïa. Cette commission aura pour mission de gérer les affaires courantes du parti et préparer, éventuellement, un congrès extraordinaire du parti ». Interrogé sur la suite à donner à ces revirements de situation, M. Chioukh a souligné que la majorité des membres du conseil national « sont en concertation ». Il a ajouté que « les militants, qui avaient occupé le siège, n’étaient pas des fonctionnaires du parti, mais de vrais militants ». M. Chioukh a rappelé qu’en sa qualité de membre de l’Instance présidentielle « personne n’a le droit de l’exclure du parti », car « élu par les militants ». Il a souligné, dans ce sens, que la commission de médiation du parti « est l’arme utilisée » par les autres membres de l’Instance « pour exclure leurs opposants ». Il a annoncé que 19 personnes, dont lui et Hayat Tayati, des députés et des membres du conseil national, ont été exclus avant la tenue de la session du 13 avril dernier.