Au moins, Thomas Tuchel sera resté constant toute la saison. Depuis le début de cet exercice 2018-2019 et les clôtures de deux mercatos, le coach allemand du PSG n’a cessé de clamer que son effectif était trop court pour espérer atteindre les objectifs démentiels fixés par sa direction. L’élimination face à Manchester United, sans Neymar ni Edinson Cavani et avec un banc à l’apport très limité, avait déjà jeté une pierre dans le jardin de son président, Nasser Al-Khelaïfi, et de son directeur sportif Antero Henrique. La claque reçue dimanche au stade Pierre-Mauroy (5-1) n’a fait qu’enfoncer le clou. C’est un homme profondément énervé qui s’est ainsi présenté devant les micros de Canal+ pour défendre et «protéger» ses joueurs, mis en cause par Kylian Mbappé quelques instants plus tôt. D’abord interrogé sur la sortie de son attaquant, il a donné une autre version. «Non, ce n’est pas comme ça, c’est trop facile, a-t-il expliqué. On a contrôlé, on a fait un bon match pendant la première période, on a fait quatre buts : un pour Lille, trois pour nous, deux hors-jeu. Je pense que Lille n’a pas eu d’occasions en première période». Puis, agacé, il a fini par lâcher ses coups. «Après le deuxième but, avec dix joueurs, c’était très compliqué parce qu’on joue aujourd’hui avec Moussa Diaby qui n’a fait que deux entraînements, a-t-il détaillé. Normalement, ce n’est pas possible qu’il soit avec nous. Thilo Kehrer est malade, normalement ce n’est pas possible qu’il soit avec nous parce que nous sommes encore quinze joueurs, pour la dixième fois cette saison. Ce n’est pas possible d’avoir seize joueurs».

45 formations différentes en… 47 matches
En somme, Tuchel voulait surtout défendre la «personnalité» de son équipe qui continue d’avancer malgré tous les déboires connus depuis de longs mois maintenant. Et, encore une fois, c’est la profondeur finalement relative de son effectif qui a été avancée par l’Allemand. «On change, on joue avec Colin Dagba, avec Stanley Nsoki, avec Moussa Diaby, on prend les jeunes, on change, a-t-il poursuivi, très agité. On joue sans Neymar depuis quand ? Sans Edi, sans Angel Di Maria. Il manque tous les joueurs, c’est trop. Et encore le capitaine. Depuis une semaine on fait des entraînements avec douze, treize ou quatorze joueurs. Ce n’est pas possible». Mais, histoire d’aller au bout des choses et relancé sur ces questions, Tuchel a fini par avouer qu’il avait déjà abordé – et qu’il allait encore le faire – , le problème avec ses dirigeants. «L’effectif est-il mal constitué ? Oui on manque de joueurs, a-t-il lâché. Il manque Adrien Rabiot, il manque Lassana Diarra mais tout le monde accepte ça, on gagne, on gagne mais c’est trop, on utilise trop. Oui c’est évident. Oui on parle. Tout le monde doit réfléchir. Ce n’est pas possible de faire ça chaque semaine».
Et pourtant, il faudra encore s’y mettre dès mercredi à Nantes pour (enfin) valider ce titre que Paris semble rechigner à aller chercher. Mais, même dans cette perspective plus joyeuse, Tuchel n’y croit pas. «Honnêtement, je ne pense que le titre viendra à Nantes. Nous sommes peut-être avec 13 ou 14 joueurs» a-t-il lâché, fataliste. Car l’Allemand sait qu’il devra bricoler. Une fois de plus. Car, cette saison, sur 47 matches, le PSG a présenté… 45 onze de départs différents. Une conséquence d’une année décidément pas comme les autres pour le tenant du titre.