Vainqueur dimanche pour la 5e fois à Augusta, Tiger Woods a enlevé le 15e Grand Chelem de sa carrière. Sans doute le plus spécial, avec le tout premier, conquis au même endroit. Une victoire partagée en famille, notamment avec ses enfants. L’avait-il envisagé, ce moment ? Ou même seulement rêvé, à défaut de l’ambitionner ? Tiger Woods a retrouvé le chemin de la victoire en Grand Chelem dimanche à Augusta. Il n’avait plus connu ce parfum-là depuis près de onze ans. Vu d’où il est reparti, vu où il était tombé, il peine à mesurer pleinement ce qu’il vient d’accomplir. «Regagner ce titre, vingt-deux ans après mon premier sacre ici, c’est surréaliste, je ne peux pas être plus heureux, je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens», a-t-il reconnu après avoir endossé pour la 5e fois la fameuse veste verte. Lors de la longue conférence de presse qui a suivi son succès, l’Américain est presque apparu sous le choc de sa propre victoire. «C’est clairement l’une des victoires qui a été la plus dure à aller chercher après tout ce qu’il s’est passé ces dernières années, juge-t-il. C’est spécial, il a fallu faire preuve de patience lors des dernières années, mais aussi durant ces trois derniers jours. C’est comme si la boucle était bouclée.» Woods l’avoue, il s’estime «chanceux» d’avoir pu à nouveau jouer au golf au plus haut niveau après ses problèmes au dos qui l’ont tenu éloigné du cercle des vainqueurs pendant des années.

Le calme puis l’explosion
Cette 15e victoire en Grand Chelem est pour le moins spéciale en raison de ce contexte et de son aspect improbable, mais elle l’est aussi pour le scénario de ce Masters 2019. Lors de ses 14 premiers titres majeurs, Tiger Woods avait toujours abordé le dernier tour en tête. Pour la première fois, il est revenu de l’arrière. Pas loin, certes, puisqu’il n’était qu’un petit coup derrière Francesco Molinari à l’issue du 3e tour, samedi soir. Mais le symbole est fort. Il est même plus qu’un symbole : un témoignage de la résilience du Tigre.
Au trou numéro 11, Woods pointait même à trois longueurs de Molinari, avant que l’Italien ne se tasse pendant que lui sortait ses griffes. A l’entame du 18, à moins de vivre une Jean Vandevelde, plus rien ne pouvait lui arriver. Avec deux coups d’avance, il pouvait se permettre de concéder un bogey, ce qu’il a fait, en toute conscience. «Sur le dernier trou, explique-t-il, j’ai essayé de rentrer en cinq, rien de plus.» Arrivé sur le green en trois coups sur ce par 4, il avait deux putts pour le titre, et les a utilisés. Calmement. Puis ce fut l’explosion.

«Aujourd’hui, le père, c’est moi»
Après ce 275e et dernier coup du week-end en forme de libération, Tiger Woods s’est tourné vers la foule pour exulter. «Après le dernier putt, dit-il, je ne sais pas trop ce que j’ai fait, mais j’ai hurlé». Puis ce fut la cérémonie, l’heure de retrouver cette veste verte. Une première depuis 2005. Dans la «Butler Cabine», où se tient la traditionnelle passation de pouvoir, il a reçu la veste des mains du vainqueur 2018, Patrick Reed. Après l’avoir enfilée, Woods a souri : «elle me va.» S’il mesure l’impact de sa victoire sur le temps, dont il est le maître, c’est en regardant les siens. Son clan, vêtu de rouge comme lui, attendait au bord du 18 sa gloire retrouvée. Il y avait là sa mère, déjà présente en 1997 lors de sa première victoire. Son père, Earl, mort en 2006, n’est plus là. «Il y a vingt-deux, mon père était à mes côtés, aujourd’hui, le père, c’est moi», a-t-il évoqué. Sam avait un an lors du dernier titre majeur du paternel, en 2008. Charlie n’était même pas née. «Mes enfants ont été très importants pour moi ces dernières années, et c’est spécial de vivre ça avec eux, de partager cette victoire. J’espère qu’ils sont fiers de leur père. Je pense qu’ils sont fiers.»

Woods a reconquis le monde du sport et mis Trump et Obama d’accord !
Vainqueur de son 15e Majeur, 11 ans après sa dernière victoire en Grand Chelem, Tiger Woods a reçu les félicitations des plus grandes figures du sport. Il a même réussi à mettre d’accord Donald Trump et son prédécesseur, Barack Obama. Tiger Woods a reçu des compliments à la hauteur de son exploit. Vainqueur du Masters d’Augusta, le Tigre a été félicité par les plus grands sportifs de la planète, tous épatés par sa performance de légende, dimanche. «Félicitations à Tiger Woods, vraiment un grand champion», a tweeté Donald Trump, qui a joué au golf avec Woods cette année. «Quel retour fantastique pour un gars vraiment génial», a-t-il ajouté. «Revenir et remporter le Masters après tous les hauts et les bas est un symbole d’excellence, de courage et de détermination», a de son côté abondé Obama sur son compte Twitter. Après onze années d’attente, quatre opérations du dos et bien des doutes, Tiger Woods a signé à 43 ans l’un des exploits les plus retentissants de l’histoire du golf, en remportant le Masters d’Augusta, dimanche, aux Etats-Unis.
Pour sa part, la joueuse de tennis américaine Serena Williams, qui a remporté 23 Grand chelem dans sa carrière, a déclaré être «littéralement en larmes devant Tiger Woods, c’est une grandeur sans pareille». «Sachant tout ce que tu as vécu physiquement pour revenir et faire ce que tu viens de faire aujourd’hui… Bravo bravo un million de fois! Je suis tellement épatée, merci mon pote», a-t-elle ajouté. Pour Magic Johnson, une ancienne star de la NBA, «le rugissement du tigre est de retour !», a-t-il écrit sur son compte Twitter. «Félicitations Tiger, quelle performance», a aussi souligné Tom Brady, le quaterback des New England Patriots, vainqueur du Super Bowl pour la sixième fois cette année. Stephen Curry, triple champion NBA, estime qu’il s’agit «du plus grand come-back de l’histoire du sport».