Neuf lettres d’intention ont été déposées au niveau du ministère de l’Intérieur dans le cadre de l’opération de remise des formulaires de souscription de signatures individuelles pour les postulants à la candidature de l’élection présidentielle du 4 juillet 2019. Il s’agit d’un bilan provisoire arrêté au 14 avril 2019 et rendu public hier par le même ministère, qui précise que les concernés « ont pu bénéficier des quotas de formulaires de souscription, en application des dispositions légales en vigueur et l’opération se déroule dans de bonnes conditions ». Le communiqué ne mentionne pas si les lettres déposées appartiennent à des prétendants indépendants ou à des partis politiques.
Une chose est toutefois certaine, on est loin de l’engouement affiché, en janvier dernier, dès la convocation du corps électoral pour le scrutin qui devait avoir lieu le 18 avril courant avant d’être annulé par l’ex-président Abdelaziz Bouteflika. On se rappelle, en effet, que quatre jours après cette convocation, le 18 janvier dernier, ils étaient déjà 23 partis politiques et 9 indépendants à avoir déposé leur lettre d’intention auprès du ministère concerné, alors que le nombre de formulaires retirés par les prétendants à la candidature avait, quelques jours plus tard, frôlé les 200, pour seulement une vingtaine de dossiers déposés au niveau du Conseil constitutionnel. La situation a bien évolué depuis, et l’élection présidentielle du 4 juillet risque d’être, à son tour, reportée. Mais cette fois, le report obéira à la volonté populaire qui a déjà rejeté cette échéance, telle qu’elle est inscrite dans le cadre de l’article 102 de la Constitution, c’est-à-dire sous la houlette d’un président de la République par intérim désavoué par la rue avant même son installation la semaine dernière.
Une volonté partagée par la quasi majorité des partis politiques, organisations syndicales et structures représentatives de la société civile, qui appellent tenacement au boycott d’une présidentielle qu’ils estiment à forts risques de maintien du pouvoir en place, dont le départ est exigé dans toute sa composante à la tête des institutions de l’Etat.
L’ouverture, aujourd’hui, de la révision des listes électorales devrait renseigner un peu plus l’opinion générale sur la suite d’un processus électoral qui semble voué à l’échec avant même qu’il ne soit entamé. Ceci d’autant que des acteurs directement concernés par cette étape de révision, à savoir des élus locaux, ont décidé, eux aussi, de faire jouer la carte du boycott.n