L’attitude de refus officiellement exprimée par quelques maires d’assurer au niveau local l’encadrement administratif de l’élection présidentielle prévue le
4 juillet prochain est source d’une inquiétude supplémentaire dans un contexte de crise et de vive tension.
S’il est vrai que le nombre d’édiles qui ne voudraient pas valider la préparation du scrutin à l’échelle locale peut être, du moins pour le moment, circonscrit géographiquement, rien ne garantit cependant un effet domino.
Ce qui affaiblirait davantage un processus électoral déjà mal engagé mais pour lequel le pouvoir politique semble tenir malgré les marques de refus et d’hostilité qu’il suscite depuis son annonce par le chef de l’Etat par intérim. A l’évidence, le ton a été donné par les magistrats en décidant de bouder la supervision de l’élection présidentielle. A présent que les Assemblées locales refusent d’accomplir les procédures nécessaires au scrutin, c’est manifestement toute l’opération électorale qui devient frappée du sceau de l’improbable.
Une situation qui appelle irrémédiablement des réponses adéquates de la part des autorités publiques. Sauf que l’équation se corse justement à ce niveau évoquant un véritable déficit de légitimité frappant les institutions en place et les dirigeants chargés des affaires publiques en temps d’insurrection populaire. Des ministres du gouvernement Bedoui vérifient quotidiennement à leurs dépens le poids d’un refus populaire qu’ils essuient à chacune de leurs sorties au moment où l’université est entrée dans une phase de contestation permanente jusqu’à faire planer sur les campus le spectre d’une année blanche. Cette atmosphère traduit incontestablement une opposition franche du plan de sortie de crise tel que voulu par le pouvoir politique à travers l’application de l’article 102 de la Constitution et la convocation d’une élection présidentielle pour l’été prochain. Le pari semble difficile à tenir si l’on considère à sa juste valeur le refus populaire à l’égard de l’agenda politique balisé par les autorités publiques dont le déficit de légitimité pèse sur toute initiative ou décision venant d’en haut.