Le Front des forces socialistes (FFS) est en proie à de graves dissensions internes. L’occupation du siège par des militants qui ont fini par expulser Ali Laskri, coordinateur de l’instance présidentielle et son exclusion du parti avec Mohand Amokrane Cherifi et Brahim Meziani, n’augure pas un meilleur avenir pour cette formation. Preuve en est, les deux directions à la tête du parti se disputent la légitimité. Les trois membres de l’instance présidentielle ne comptent pas baisser les bras devant ce qu’ils ont qualifié de «coup de force» de leurs détracteurs. Dans un communiqué signé par Ali Laskri, les membres de l’instance soulignent que ceux qui ont occupé le siège «n’ont aucun lien organique avec le parti (…)». Ils ont accusé les militants qui ont occupé le siège avant-hier, d’avoir «forcé les portes du siège, détruisant tout sur leur passage, les portes, le mobilier, saccageant les voitures et agressant les militants qui s’y opposaient». «Derrière cette agression criminelle se cachent des forces hostiles à la position du parti en faveur du mouvement citoyen», ajoute le communiqué, informant qu’une plainte sera déposée «contre les auteurs des dégradations et leurs commanditaires». Le communiqué annonce, dans une allusion aux décisions du conseil national tenu le même jour, qu’est frappée «de nullité toute rencontre, toute nomination, non conformes aux statuts du parti, et toute décision n’émanant pas de l’instance présidentielle dans sa majorité, conformément à l’article 47 des statuts». De leur côté, les membres du conseil national qui ont tenu une session le jour de l’occupation du siège, renforcé par la présence de deux membres de l’instance exclus, à savoir Hayat Tayati et Sofiane Chioukh, évoquent «la révocation des deux membres de l’instance présidentielle Mohand Amokrane Cherifi et Ali Laskri». Face à cette situation, le conseil national annonce la mise sur pied d’un comité de transition chargé d’assurer le fonctionnement du parti, rappelant que les trois membres de l’instance présidentielle sont responsables «des exclusions expéditives tous azimuts abusivement prononcées à l’encontre des deux membres de l’IP (Hayat Taiati et Sofiane Chiouikh) et d’une vingtaine de cadres dont le P-APW de Béjaïa». Un comité de coordination pour la préparation du congrès national ordinaire a été installé. Ce comité aura pour mission, outre la préparation du congrès, «la consolidation de la lutte politique dans le cadre des principes fondamentaux du parti». Mehenna Hadadou, P/APW de Béjaïa, a été nommé coordinateur du comité. Dans une lettre aux militants, le désormais ex-premier secrétaire national du parti, Hakim Belahcel, a tiré la sonnette d’alarme en évoquant «une situation dramatique, voire chaotique ! C’est un constat amer mais combien réel» que vit le FFS. Il a ajouté qu’il est «profondément convaincu et même certain que cette crise interne est engendrée par des considérations souterraines que seul le temps politique dévoilera». Avec ces développements, c’est la cohésion du parti qui est mise à mal. Son implosion n’est pas écartée, tant est que les deux directions se tirent dans les pattes et ne laissent aucune chance au débat interne. Dans ce capharnaüm, où les accusations et les amabilités occupent l’essentiel du débat, ce sont les militants de base qui en pâtissent face à des tiraillements empreints essentiellement de rendements de compte entre clans internes au parti.