Le nouveau ministre de l’Education nationale du gouvernement Bedoui, Abdelhakim Belabed, a présidé hier un « séminaire national » des directeurs de son département au niveau des wilayas. Par cet évènement, il a effectué sa première action publique et une sortie dont l’objet était de rassurer le public scolaire des trois cycles de l’enseignement ainsi que les parents sur le respect du calendrier pédagogique et des examens.

Les examens nationaux de fin d’année, a assuré M. Belabed, auront lieu du 29 mai au 20 juin prochain, selon les dates déjà fixées. Ils concerneront «plus deux millions de candidats » qui passeront leurs épreuves « dans près de 18 600 centres», a ajouté le ministre, en estimant que ces examens revêtent cette année un « caractère particulier». Car ils interviennent dans un « contexte sensible qui nécessite la mobilisation et la vigilance de tous» pour les organiser «en toute sécurité ».
D’après le calendrier arrêté par le ministère et l’Office national des examens et concours (Onec), les épreuves du Baccalauréat sont prévues du 16 au 20 juin prochain, celles du Brevet d’enseignement moyen (BEM) du 9 au 11 juin et celles du fin de cycle primaire le 29 mai, soit une vingtaine de jours après le début du Ramadhan.
674 831 candidats sont concernés par le baccalauréat, 631 395 par le BEM et 812 655 pour l’examen de fin du cycle primaire.
En ce qui concerne le programme pédagogique, le ministre de l’Education nationale a affirmé qu’il est aujourd’hui achevé à «70% » à l’exception de quelques classes dans certaines wilayas, où des mesures sont prises pour que les élèves concernés parviennent à rattraper leur retard. Des inspecteurs veillent à ce que leur mise à niveau soit effectuée convenablement pour « qu’ils aient les mêmes chances » que leurs camarades des autres régions du pays, a assuré M. Belabed. Le but, a indiqué le ministre, est de veiller à la « crédibilité » des examens nationaux de fin d’année ainsi qu’au respect du principe de l’« équité » partout dans les établissements et les centres d’examen de l’Education nationale. Il s’agit, a-t-il expliqué, d’éviter toute maladresse ou tout manquement susceptible d’entacher la valeur des épreuves programmées au niveau des trois cycles de l’enseignement.
Garder le contact avec les partenaires sociaux, l’Intersyndicale absente. Le séminaire présidé par le ministre ne concernait pas uniquement les directeurs de son département dans les wilayas. Les services de M. Belabed ont adressé une invitation aux syndicats du secteur, également, dans le cadre des contacts réguliers entre son département et les partenaires sociaux. Pour le ministre, il est important de garder le contact avec les corporations syndicales de l’Education nationale et de maintenir ouverts les canaux du dialogue et de la concertation. Toutefois, les organisations de l’Intersyndicale n’ont pas jugé utile de répondre favorablement à l’invitation du ministre. Le motif de leur refus a basculé cette fois du domaine syndical vers celui du politique et du rejet de l’Exécutif de Noureddine Bedoui.
« Nous n’avons aucun problème avec la personne de M. Belabed, mais on refuse de collaborer avec le gouvernement Noureddine Bedoui, rejeté catégoriquement par le hirak », a fait savoir à ce sujet Nabil Ferguenis, membre du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), une organisation partie prenante de l’Intersyndicale qui, rappelle-t-on, comprend six organisations. « On s’inscrit pleinement dans la dynamique du mouvement populaire et on refuse de collaborer avec le gouvernement Bedoui discrédité par la rue », a ajouté M. Ferguenis. Quoi qu’il en soit, le ministre de l’Education nationale s’est engagé hier à « rester à l’écoute des partenaires sociaux». «Les portes du ministère leur sont ouvertes et je veillerai à ce que tous les dossiers devant être traités et résolus le soient, comme je veillerai au respect des accords conclus» précédemment du temps où le ministère était dirigé par Nouria Benghebrit, a-t-il indiqué dans ce qui a semblé être un message de continuité de la politique menée par le ministère en direction des syndicats et représentants des intérêts de ses différents personnels.
Démarquage
Pour autant, Abdelhakim Belabed n’a pas manqué de manifester sa différence par rapport à l’ancienne ministre auprès de laquelle il a travaillé comme conseiller pendant des années. « Certains m’ont taxé d’être une face d’une même médaille » (allusion faite à Mme Benghebrit, ndlr). «Je suis plutôt la continuité du ministère et l’incarnation de la communauté éducative», a-t-il encore souligné, en insistant sur «le bon fonctionnement et la réussite de l’Ecole algérienne » et le respect des «constantes nationales».
« Je ne suis le continuateur de personne ni l’adjoint de quiconque. L’Education nationale est un tout et il s’agit de préserver sa cohérence et les relations entre l’administration et les partenaires sociaux », a-t-il encore dit en substance. Un tantinet sur la défensive, il a pris soin à répéter qu’il « n’est pas éternellement » à la tête du ministère et qu’il n’est à sa tête que pour le servir et servir le pays. « Pour ceux qui pensent que j’ambitionne de rester à la tête de ce département, je leur dis que ma seule ambition et la satisfaction de Dieu et l’accomplissement de mon devoir dans ce contexte difficile pour l’intérêt de la nation », a-t-il lancé devant les journalistes. n