* Huit mois après son arrestation « en flagrant délit de corruption » en août 2018 en présence de deux autres personnes, la première audience du procès de l’ex-sénateur du Rassemblement national démocratique (RND) Malik Boudjouher a, de nouveau, été reportée hier à une date ultérieure.
La chambre d’accusation du Tribunal de Tipasa avait déjà rejeté, le 9 septembre dernier, la demande de libération provisoire de l’ex-sénateur dont le procès devait se dérouler ce matin pour la première fois sous les chefs d’inculpation de corruption et abus de pouvoir et de fonction.
Le report a été décidé, suite à la demande du représentant du Parquet, en l’occurrence l’adjoint du procureur de la République, en raison de l’absence des témoins dans cette affaire qui impliquait sept personnes, c’est-à-dire les trois prévenus arrêtés suite à la transaction, la victime et les trois autres témoins.
Il faut rappeler que l’affaire dite de corruption de l’ex-sénateur et ex-P/APC de Tipasa remonte au 16 août 2018, quand celui-ci a été arrêté par des policiers venus de la wilaya de Blida, suite à une transaction qualifiée de corruption, tandis que la famille « parle de prêt d’un homme d’affaires, une connaissance de l’ex-P/APC, qui l’aurait ensuite dénoncé.
Le sénateur, qui a été « exclu définitivement des rangs du RND » par Ahmed Ouyahia qui voulait devancer la polémique, a aussitôt été placé sous mandat de dépôt à la prison de Hadjout puis Chaïba (Bou Ismaïl) par le juge d’instruction près le tribunal de Tipasa, conformément à l’article 128 de la Constitution qui stipule « qu’en cas de flagrant délit ou de crime flagrant, il peut être procédé à l’arrestation » du député ou du membre du Conseil de la nation.
Il faut rappeler que l’ex-sénateur a reçu un appui fort de la part d’une cinquantaine de sénateurs, qui sont allés jusqu’à boycotter la session d’ouverture du Sénat en signe de protestation contre son incarcération, considérée comme illégale étant donné qu’il bénéficiait toujours de l’immunité parlementaire, selon eux. La réaction des sénateurs, qualifiée « de fronde » et de « première » en Algérie, n’a pas empêché le rejet de sa demande de libération provisoire ainsi que celle de ses deux hommes de confiance qui étaient présents lors de la transaction et ont été arrêtés aussi.
Mourad Kheroui, l’homme qui l’aurait piégé en lui donnant une somme de 200 millions de centimes en échange d’un déblocage de son dossier de régularisation, est un affairiste qui a construit illicitement un hôtel à Ouzakou, un quartier gangrené par les constructions illicites situé sur les hauteurs de la commune de Tipasa en allant vers Chenoua.