La scène politique nationale est en bouillonnement permanent depuis le 22 février dernier. Chaque jour, en effet, est marqué par son lot de déclarations des officiels et de réactions de la part des acteurs de l’échiquier politique national. Exception faite du Rassemblement national démocratique (RND) et du Front de libération nationale (FLN). En effet et en dépit de leurs récentes réactions à l’annonce des élections du 4 juillet prochain, ces deux formations politiques sont devenues pratiquement aphones et effacées de l’actualité nationale. Et pour cause, elles ont du mal à mettre fin à leurs guerres intestines nées suite à l’onde de choc du mouvement contre le 5e mandat. L’on se rappelle du retard pris par la direction du FLN pour réagir à la proposition de l’application de l’article 102 de la Constitution, pourtant prompte à se positionner aux côtés des officiels chaque fois qu’ils s’exprimaient. Aussi, ce jeudi, l’instance exécutive chapeautée par Bouchareb a tenu une rencontre au siège du parti. Objectif : accélérer la préparation du congrès extraordinaire fixé pour les 18 et 19 avril prochains.
La préparation de ce rendez-vous est en proie à d’intenses incertitudes. La raison ? Rien ne dit que l’administration autorisera Bouchareb et son équipe à tenir le congrès. Aussi, et même si ce sera le cas, le congrès s’annonce d’ores et déjà compromis par une opposition farouche à la direction actuelle du parti. C’est ainsi que le groupe de Ahmed Boumehdi s’attèle actuellement à réunir le comité central pour élire un nouveau secrétaire général du FLN, avant même la tenue du congrès voulu par Bouchareb. Mais pas seulement, puisque Boumehdi a même intenté une action en justice contre Bouchareb l’accusant d’usurpation de fonctions. Il remet en cause, en effet, son statut de coordinateur de l’instance dirigeante ne figurant dans aucun texte du parti.
Le RND est tout autant en proie à des tiraillements internes. Le parti d’Ouyahia se trouve actuellement scindé en plusieurs tendances : celle de la direction actuelle, celle de Belkacem Mellah, celle de Chihab Seddik ainsi que celle du groupe des anciens opposants, à l’instar de Tayeb Zitouni et de Nouria Hafsi. Tous demandent le départ d’Ouyahia et la convocation d’un congrès extraordinaire. C’est ainsi que Belkacem Mellah se mobilise fortement depuis quelques jours pour « rassembler un maximum de signatures des membres du conseil national aux fins de convoquer un congrès ». « Nous appelons au départ d’Ouyahia ainsi que de son bureau national pour permettre au parti de renaître de nouveau», a-t-il lancé à ce propos. En proie à une fronde inédite, le parti d’Ouyahia semble tétanisé en ce moment et donc incapable d’avoir des perspectives sur le plan politique. Autant le RND que le FLN, ils auront pour lourde tâche de régler d’abord leurs problèmes organiques et de les surmonter avant de prétendre revenir en force sur la scène politique nationale et se positionner par rapport aux futures échéances. A suivre…n